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Full text of "De la métrique chez les Syriens"

- 


rartin, M. 

Métrique chez les oyrienc 



i 



Ê 



LaSyr 
M3i3l5d 



De la Mrtri(|i[e chez lo >\ ri(ii>. 



AbhancilLiiig-en 

fiii- die 



Kuude des Morgeii landes 

berausgegebeu vou der 

Deutschen Morsenlandischen Gesellschaffc. 



YII. Baud. 

No. 2. 






l'r I, 



3l(''tiii|Ui^ rhi'z ]r> S\ri('iis. 



Par 



31. l'abbc Martin. 



^%:^1 



Leipziç ISTO. 

In Commi:^siun bei F. A. Bro'.kliau>. 



^f 



ame 



4 



lut 



On II rl.jà ...lit plusieurs fois, en Europe. Bur h M//,,.,i'. 
synuque, («t ,m lrt)uve. djuis la plupart des recueils savai.* 
travaux où .-.• sujet est tniité d'une n.anif-re plus ou mon 
pl^te. La Z,!tsrhr!ft , par exemple, a domi/. une H.'.rit. .i • 
sur la po.'sie syria(|Ue et sur la métrologie, où le U. \\ /.- 
un des plus âgés et .les plus luii.iles Syriacistes e«,nti-n.| 
a réuni tout ee qu'on connaissait sur la mati^re •). Les g" 
riens, ceux-là même qui visent à la brif-veté. disent 1» plus 
quelques mots de la versifieation : et «-ependant . il faut 

reconnaître, diuis cette partie des études araméennes, eomn 

toutes les autres, il demeure beaucoup d'inexploré, et plus encore 
d'imparfaitement cormu ou de mal expli(,ué. D'où vient celt« 
lacune? Pourquoi n'a-t-on pas prof^ressé sur ce point? Cert ce 
que nous devons dire en peu de mots. 

La méthode analytique, sur la«|uelle on s'est à peu pr^s 
uniquement appuyé jusqu'à ce jour, est excellente, .soit quajid il 
s'agit d'éclaircir un i.rin.ipe. soit «piand il faut le découvrir: mais, 
dans un cas comme dans l'autre, elle doit réunir deux condifions: 
avant tout, il faut qu'elle soit basée sur des observations .-tendues 
ou réitérées, et ensuite, il est nécessaire qu'elle soit dirigée jiar 
des lois certaines. Si l'une ou l'autre de ces deux conditions 
vient à lui faire défaut, cette métliode est sujette à des in<on- 
vénients graves : elle est longue, pénible et elle ne m^ne qu'a des 
conclusions imparfaites, conclusions qui d'inconqdétes deviennent 
même fausses, aussitôt qu'on les généralise. .Fus(|u'ici on a été 
réduit à adopter ce procédé, et, depuis Halin =«) jusqu'à M. lii.k.-IP; 

1) ZeiLHchrift €l. DM(i XVII (18G;ji, paue G«7 .t suivantes, XVIII .IHOl.. 
page 751. 2) llnhn, liunlejsane.s qnosticiêJt tiyronim pnmttJi /it/mnolofnii. 
Lipsi.ie, 1819 — ChrestonuUhia Syriaca, 182.0. — Ktrrhenhùt . Àrrhir. '\„n 
K. F. Staudlin, 1823, 3. Hoft. p. .02 — 106 3) '/Any^i-T\>i. ZrilJtrhrift d DM(i. 
U (1848>, XVII (1863>, XVllI ,1864^ — Zeù^chri/t fiir <U> K.mde iUb 
Morgenlandeis 1850. Bickell, Carmina ^inibena. 

Abhandl. d. DMG. VU. 2. 1 



2 De la Métrique chez les Syriens. 

on s'est contenté d'explorei* les œuvi-es des poètes syiiens. sans 
avoir de guide, ou sans opérer sur des éléments assez nombreux 
et assez étendus pour se garantir de toute erreur. De là il est 
résulté que les lois de la Métrique syriaque ne se dégagent pas 
encore bien nettement des faits allégués. 

Il eût été assurément préférable d'inten'oger les Syriens eux- 
mêmes, si cela eût été possible ; ils auraient fourni des renseigne- 
ments utiles et peut-être même auraient-ils livré, dans des traités 
de métrique, la connaissance de la prosodie syrienne. Ce qui 
n'était j^as faisable jadis, le devient maintenant. Il importe donc 
de profiter des découvertes modernes et d'approfondir la question 
de la Métrologie, un peu plus que ne l'ont fait nos devanciers. 
Au dernier siècle Assémani aurait pu traiter cette matière; car il 
l'avait étudiée dans sa jeunesse, ainsi qu'on le sait par la gi-ammaire 
qu'il composa à peine âgé de vingt ans ^), et dans laquelle il parle de 
la Métrique \ mais, par ce qu'il dit dans cet ouvrage aussi bien 
que par les détails disséminés dans sa Bibliotheca Oriefixtalis et 
dans son Codex liturgicus , on voit que , ni lui , ni ses neveux 
n'étudièrent jamais à fond cette question; et, comme tous les 
auteurs européens ont puisé chez les Maronites la plupaii de leurs 
idées ou de leurs renseignements, il en résulte que nous ne sommes 
guère plus avancés aujourd'hui qu'au dernier siècle. 

PieiTe Métoscite, de la Compagnie de Jésus, accorde quelques 
mots à la Métrique , dans sa grammaire syriaque encore inédite, 
mais sans entrer dans le cœur du sujet. Il eiïleure plusieurs 
questions et laisse irrésolu tout ce qui concerne la nature et 
les diverses espèces de mètres. Nous citerons plus loin des frag- 
ments de son traité -). 

Le Patriarche maronite, Etienne Aldoensis (XVIIe siècle), est 
l'auteur d'un livi-e plus important, mais sur lequel on s'est un peu 
trompé. On l'a déjà analysé plusiem's fois , en se plaçant à des 
points de vue inexacts ; car c'est moins un traité de prosodie 
qu'un ÛQpioXoyiov^). Il y a cependant des choses intéressantes 
et utiles dans ce traité, notamment dans la préface dont Evode 
Assémani a donné une analyse suffisante dans son Codex litur- 
gicus *). 

Mais tous ces écrits , outre qu'il sont modernes , émanent 
d'auteurs qui ont passé leur vie en Europe, ou qui, du moins, 
ont entretenu de fréquentes relations avec les Européens. Par 
suite, on sent qu'ils écrivent sous l'influence d'idées, de préoccu- 
pations , de tendances quelque peu étrangères aux Sémites. Le 



1) Ms. 389 de la Bibliothèque du Vatican, vers lo milieu. Les feuillets ne sont 
pas numérotés. 2) Ms. 4.35 de la Bibliothèque du Vatican f. 168—176. 

3) ZeHschrift fur die Kunde des Morgenlandes , 1863, p. 687. — Cfr. 
Daniel , Thésaurus hymnologicus , t. III, p. 142. 4) Assémani, Code» 

Liturgicus, VIII, pars II, p. XCII. 



ne la M.trùpif chez Um S.fn^ts 

sex.nm.nt. .....st pas pun-mont ori.M.talr.. I| .,«! do„r util.. ... 

peut-^. rP nu-nu. «.-.c^t^ssairo d« r..,n,.nt^r plus Imut dann l'a,. 
Il laut uiterro^rer los écrivaius ,,ui „onl jamais v.Vu m • 



Au reste. .•..Msull,.,ait-on tous les auteurs . 
de nouimer. .|uV)n commît rait simpL-inenf les opinions des M 



•|ue nous \. 



cest-u-d.re. de ceux ,,ui. p-.mni les Syriens, n'ont .pû.no lilt,.,...ur.- 
peu ancienne et peu eonsid/.rable. T.,ut le „,..nde sait .n ..(Tet 
que le palnn.oine littéraire ,1e cette fraction de la ra.-,. aniuu-...nno 
se réduit u peu près ex.lusiven,ent aux livres litur^n,,,,,.,. l| vaut 
donc nueux «adresser aux autres peuples de l'Asie chrétienne. o„i 
ont cultive la lancrue syriaque. 

Au XI Vf siècle, le nestorien Mar An-l-Isclio (Ebed-Jesu) 
métropolitain de Nisibes, s'escrima a taire des poésies modèles" 
vrais tours de force, où il y a plus de ditllcultés vaincues m,c de' 
soume poétique, et au moyen des.|Uelh>s il se propo.sait de dé- 
montrer que sou idiome maternel n'était, ni moins ri,Oie, ni moins 
souple que la langue arabe. Le docte nestorien a prouvé peut -être 
que le synaque était capable de se plier à toutes les combinaisons du 
mètre ou de traduire toutes les nuances d'idées, mais a-t-il fait 
une œuvre véritablement poétique? iNous en dout/ms: elle répond 
médiocrement à ce que nous entendons, nous f^uropéens. par la 
poésie. Cependant les Orientaux estiment les compositions du 
métropolitain de Nisibes et son œuvre est demeurée célèbre sous 
le nom de Jardin d'Ederi^). Auparavant déjà un autrç écrivain 
de la même secte, encore peu connu de rEuroi)e savante, avait 
fait une tentative du même genre. Elle fut conduite avec plus 
de goût et eut plus de succès. Nous voub.ns parler de .Jean de 
Mossoul, dont le nom figure à peine dans les ouvrages d'Assémani, 
mais dont les Orientaux apprécient beaucoup le recueil de poésies 
morales, intitulé Chapinr iJmiharA'^). Ni l'un ni l'autre de (-es 
deux auteurs n'a cependant fait un traité de Méhiqua proprement dit. 
On doit en dire autant du célèbre primat Jacobite, (Irégoire 
Bar-Hébréus. qui a composé des poésies, estimées de ses coreligion- 
naires, mais qui n'a point rédigé la Métrùine dont Assémanl lui 
attribue la composition, d'après Kenaudot »). Le .savant auteur de 
la Ferpétuité de la foi a pris les poésies d'Ebed-Jesu pour un 



1) Assémani, Bibl Orient. T. UL pars I», p. 323. — '/ÀngQrXc, ZeitHchnft 
d. DMG. XXIX (1875), p. 496 et suiv. 2) Ces poésies ont été publiées 

avec soin et munies d'une introduction en langue sjTiaque par Monseijpieur 
Miles, métropolit.iin d''Aqra. Kome, 1868, in 12", do 286 pa{;''s do t.-xt«-. Il 
n'y a pas de traduction. ;{) ,.Laudatur à HenaudoHo Graimnntica i^yriacn 
amplisnima , cui adjuncta est Ars metrica, syriace ah nuctore scripta, et 
arabtce ah ipso, ut existimari potest, conversa exstat in Bihl. Colbertinn 
et Medicea". — Assémani, Bibl. orient. T. II, 307. 

1* 



A De la Aft'trique chez les Syriens. 

traité do prosodie '). Les seules observations relatives à la pro- 
sodie que nous puissions emprunter à Bar-Hébréus se trouvent 
dans ses œuvres gi-amniaticales et elles ne sont pas considérables ^). 
Un traité de Mrfrique, serait-il même coui't, vaudrait mieux 
que tous ces renseignements accidentels puisés dans divers auteurs; 
seulement il ne paraît pas en avoir existé beaucoup, puisque jus- 
(iu"ici on n'en a publié aucun. Le seul parvenu jus(iu'à nous se 
trouve dans des manuscrits apportés récemment d'Asie en Europe ^). 
Il n'est pas très-long, mais on y trouve des détails qu'on cher- 
cherait vainement ailleurs. On sera bien aise, croyons-nous, de le 
voir publier; n'y aurait-il rien de neuf dans ce traité, qu'on 
aimerait encore à le consulter pour voir comment les Orientaux 
envisageaient les questions que soulève la Métrique. Nous dirons 
tout d'abord un mot sur l'époque à laquelle il fut composé et 
nous tâcherons de faire la biographie de celui qui le rédigea. 



n. 

Jacques do Tagrith ou de Mar-Mathaï (f 1241), l'auteur de 
cet écrit, est coimu. depuis un siècle, par un article de la Biblio- 
ilieca wientalis d'Assémani ^). Mais l'illustre Maronite lui a donné 
un nom, que rien jusqu'ici ne semble justifier; car il l'a appelé 
Jacques de Taip-ith, comme nous l'avons fait plusieurs fois nous- 
même sur son autorité ; et cependant, Jacques n'était pas originaire 
de Tagrith, Jacques ne fut même jamais évêque de Tagrith. 
Il n'a donc aucun titre à porter ce nom. Assémani, du reste, 
paraît fournir lui-même les éléments nécessaires pour coi'riger son 
eiTeur, lorsque, racontant la vie de Jacques d'après Bar-Hébréus, 
il nous apprend que ce personnage ne fut jamais autre chose qu'E- 
vêque de Mar-Mathaï ^). Bar-Hébréus, Jacques de Mar-Mathaï 
et ses copistes nous enseignent que notre auteur s'appelait Sévère, 
fils d'Isa, fils de Marc et qu'il était originaire de Bar-têli, aux 
environs de Ninive. D'ajjrès l'éducation soignée qu'il reçut il est 
fiicile de voir, ou permis au moins de conjecturer, qu'il appartenait 
à une famille pourvue de quelque aisimce. Les détails que le 
célèbre Maitlineii Jacobite. son contemporain, nous donne là-dessus, 
sont particulièrement utiles, en ce sens qu'ils jettent un grand 
jour sur des faits signalés déjà, mais sans aucune autorité pour 



1) Ms. de la Biblioth. uation. IGG. 2) Martin. Oeuvres Grammaticales 
de Bar-Hébréus I, l.'il, 199, 2(»1, 204, 239. 3) Ms. 214.54 du Musée Britan. 
On trouve aussi trois autres exemplaires du mémo ouvr.ago en Europe, l'un à 
Berlin, l'autre •! Gilttingen, et le dernier à Oxford. 4) Bibl. (h-ient. II, 237 
—242, cf. 455, 477 et T. III, p. 585. 5) Ibid. p. 455: „Ex monacho Sancti Mathaei, 
quod coenobium apud Ninivas situm est, ad Maipheraciensem seu Tagritensem 
Episcopatum evectus (t. II, p. 237;. A la page 455, Assémani dit au con- 
traire : Floruit et Jacobus, qui et severus .... episcopus in coenobio Mathaei, 



/V 1,1 yt^tri>iue chet les S^rùmt. f^ 

appui Nous iivi.iis pari»" uilL-un. de .hiniups do Tjiffrith. (noun 
lui «onservons pncoif c»» nom iiuiljrrA l'improprii'-t^ du trrmnl «t 
nous «-n avons pari»' roninio du plus n'!. ' .... 

iin.rtt\ (•'••st-à (lin- df f««(t«' AV»»//- st/rifuii- 

tiiiditions Nj'storii-nnrs ««t N's (ru<litiiin.s .1.. ,,.,; 

Moment Ips di-ux counints jfninunaliraux. i«xi-' •nr* 

iiram»'fnne. Nous nous exprimions ainsi: ,.l,i _ _ ■ ,|tii 

. tppartii-nt nu 1 hi-Hlnihiux par ses croyiuiros pt par (|UpI(|U9« 
.uiips de sps idf'ps. sp nipprorhe néanmoins hpauroup plu» d»»* 
.Ortni/iiH.r par ses «opinions j^nmimatiralps. Voila pourquoi l« 
.< t'itlup primat Bar-H«l»rpus «.(.mprpnd toujours sous la dénomination 
^^t'Onnitiiiur, non seuh-niput Ips Npstoripns nuiis encore le» Jaco- 
,bitps ('taillis au dplà dp rEui>hratp et du Tijfro ').' Or, tout cela 
trouve sa continuation dans la vie de .lacqups IpIIp qu'ellp nous 
est racontf'p par Har-Utlinus. — Voiii. en «-irpt. cp f|UP nous apprpnd 
cette vie. .TaL<|Ues «Hudia d'abord la ;^Tiunnmirp pt la dinlecti- 

([ue; mais, cirtonstame tHrange, il put pour maîtrp un Npslorien, 
juste cplui-là mênip qui est, à bon droit, ronsidéré cdnjmp le 
plus célèbre j^Tjjniniairipn de la secte. Cest là un fait raraftprislijiue, 
parce qu'il nous montre «|ue les antipathies et les hainps religipuses 
outre les sectes orientales étaient entrées, dés-lors, dans une voie 
d'apaisement, et il nous expli(jue comment nous rencontrons, dans 
quelf|ues écrivains Jacobites, des théories scientifiques (|ui avaient 
paru Jusqu' à ce moment propres aux Nestoriens. Voilà donc une 
pa;,'e d'hi.stoire qui éclaire merveilleusement ce (jue nous avons dit 
ailleurs de la formation et des développeniPnts dp C Kt-nh- mirtr 
chez les Syriens -'). 

Jacques ayant terminé ses premières études au couvpnt de 
Beith-koké. prés d'Arbils. sous la direction de louhnnan liar-Zù'bi, 
passa à l'école de Camal-Eddin, philosoplie Mossouliote. unique de 
son temps, et termina ses études philosophif|ues sous ce maître 
renommé. C'est probablement à la fin de son éducation littéraire 
et scientiti<|iie. après avoir tenniné complètement ses études, telles 
qu'on les faisait alors chez les Syriens, (ju'il entra au couvent 
de Mar-Mathai et qu'il y fit profession de la vie relijcrieuse. 
C'était un lieu célèbre que ce couvent ^) ; sa fondation remonte 



1) JuiirnoL asiatique 1ST2. 1, p. ."Jll. '2i Jonrnnl runatifji'f 1872. I 
309—312. 437. 3» Voir Badger. Tlie JSentoriam and thetr Hituah Ce mis- 
sionnaire, qui visita ce couvent en 1847, le décrit de l.i manifro suivante; We 
„spent twn days at the convent of Mar .Mathai . genrrally known as Sheikh 
,.Matta. situated near the summit of Jabal Miikloob , and about four hours ride 
..from the town. Kich \-isited this part in 1820, but sincp th<n the convent 
„has undergone a great change .... the Monasterj- was attarked by the coor- 
„dish pasha of Rawandooz, whose soldiers defaced or destroyed most of tho in- 
„scriptions, expelled the résident monks, and plundcred ail the church property. 
„The ascent to the couvent is ovcr a »tei;p and rugged road leading throngh a 



g IM la A f ('■trique chez les Syriens. 

lisse/, haut dans l'antiquitô. et le rôle qu'il a joué chez les Chré- 
tiens jacobites a été toujours important. Mais, à l'époque dont 
nous inirlons, son rôle était prépondérant- parmi les Monophysites 
orientaux. Tout ce que cette fraction de l'Eglise syrienne comptait 
de plus maripiant y envoyait ses fils pour qu'ils y fussent élevés 
dans les sciences sacrées et profanes; c'était une université mono- 
physite, une école de littérature, une pépini^re d'éciivains et d'évê- 
ques. Le monastère était placé sous la direction immédiate d'un 
évêque, privilège qu'il pai'tageait seulement avec le couvent de 
Quarthamin. 

Jacques, on le voit par sa vie, n'était pas un homme sans 
littérature. Il avait reçu une éducation brillante pour son temps 
et pour son pays; et c'est probablement à ses connaissances qu'il 
dût d'être élevé d'abord à l'Episcopat, pour être placé ensuite à 
la tête du couvent qu'il avait illustré. Le patriarche faisait gi'and 
cas de sa personne et de ses lumières ; il voulut le voir et Jacques 
mouiiit précisément en se rendant auprès de lui '). 

Jacques est le plus remarquable des écrivains sortis de Mar- 
Mathaï, au moins panni ceux connus jusqu'à ce jour. Assémani 
a analysé sommairement son Livre des trésors, espèce d'Encyclo- 
pédie et de Somme théologique assez semblable à celle que 
St. Thomas d'Aquin écrivit quelques années plus tard en Occident^). 
11 serait à désirer qu'on retrouvât quelques-uns de ses ouvrages, 
dont nous connaissons le titre, par exemple, son explication des 
offices ecclésiastiques. Quant à ses Dialogues, ils nous sont con- 
servés dans un manuscrit du Musée Britannique et il en existe 
même deux autres exemplaires en Allemagne. C'est aussi une 
Encyclopédie ou une Somme que ces Dialogues, mais luie ency- 
clopédie scientifique, où l'auteur, sous foi-me de demandes et de 
réponses, traite à peu près de toutes les sciences profanes : Gram- 
maire. Rhétorique, Poétique. Philosophie, Lexicographie, Astronomie, 
tout s'y trouve, tout s'y mêle même rm peu. 11 n'y a pas jusqu'à 
la Musique qui n'y figure : Jacques lui consacre un chapitre d'ob- 
sei-vations générales. 

Voici l'analyse sommaire du volume d'où nous avons extrait 
les passages qu'on lira bientôt. Dans le premier traité (1 — SS**) 



„deep défile, wich it tonk us forty minutes to accomplish from the valley 
,.below. We found the building desertcd, and cntirely destitute of gâtes or doors. 
..A row of delapidated apartments surround a triple court, at the end of wich 
,.is the church, a very substantial édifice, differing little in its internai arrange- 
..ment from that already dcscribed at Mar Bohnam, and above this is a small 
..chapel dcdicated to the Blessed virgin. We found the following epitaph in 
.fiarshooni ('s. c. Arabie written in Syriac characters), over the remains of 
„Gregory Bar Hebraeus and his brothers , who are buried in the Beith Kad- 
„aeyhe, to the north of the sacrarium." (Page 96—97.) 1) Voir Bar-Hébréus 
et Assémani, Bii. Orient. II, 455. 2) Assémani, ibid. p. 237 — 242 et t. I, 

p. 585, cod. I, Beraeensis in fo. 467. 



rautf'Ur l'iul»- .!.• lu -niiniiiiiin'. N..u>. «vous .il*'- ailIcurK ') (|Ui»l- 
<|UHS fiuKiiuuts .1.' c.tle p.iiii.-. et un i-n Uni U liii un i»«'ii plu» |nin. 
a caiis.' (le qup|.|ues ohsirvatii.ns ijua rntitoiir iiii.'l iiuMd-miit«*nt 
sur la poi-sie. Le smuiul tniiti- CJ.J'' iMm rmil.. sur U Uliit»nr|ui*. 
le troisième sur I» roétiqu»- (mi<lni|ue et style Hjfxire WV K2); 
!•• .|uatrièine sur le ilisiours. Mais il faut Lien «lin» «lun. «ou» ci» 
titre. .lacciues trouvt- moyeu ili^ parler un peu de tout, de Leii. 
lojnap^iip. "l" riiilosophie. de Tluolojfie etc. (82 XbW^). I^ »iM«.nd 
livre comprend deux traités. L»- pn-iiiinr est intitulé j1o\- \y> 
(155''— 181*^) et lo second j! oc»orr>r>\\- o> ( ISi*»— QS©**). Il y 

aurait là des choses utiles à l'aire connaître, notanunent ce fjui a 
rapport à la Le.\ico;»raphie. Ceux i|ui s'occupent de cette limnche 
des «'tudcs araméeiuics y recut-illeront plus d'un i-pi d»* i|uel«|ue 
valeur. C'est au traité troisième du livre prenner qu'appartien- 
nent les f'r;ir»'ni('Mt.s qu'on va lire. Nous l'avons di-jà dit: on ne 
connaît pas de traité de Métrique plus ancien et composé pur un 
écrivain ]ilus érudit ; ce traité mérite donc, à ce <liml»le titre, de fixer 
notre attention et on ne pourrait mieux inauffurer une étude sur 
la poésie chez les Syriens, qu'on entreprenant la publication do 
ces papes relatives i\ la ver.sification. 

Nous avons ajouté au texte un essai de traduction, dans la- 
quelle nous avons tâché de rendre plutôt l'idée que le sens rigou- 
reux de mots. Aurons-nous réussi partout à pénétrer la pensée 
de l'auteur? Nous n'avons pas cette prétention; mais d'antres 
profiteront de nos efforts et amveront peut-être, en se servant de 
notre travail, à éclaircir les endroits qui nous ont pani obscurs. 

Ne pouvant publier le texte en regard de la traduction, à cause 
de la petitesse du fonnat adopté, nous donnerons d'abord la partie 
qui précède les exemples cités par l'auteur, vu que les exemples 
ne peuvent être séparés de la traduction. Quant aux considérations 
par lesquelles Jacques temiine son traité, nous avons renvoyé le 
texte syriaque après la traduction. De cette manière, les person- 
nes qui voudront se contenter de la version pouiTont la lire tout 
d'un trait, sans avoir à en chercher les fragments de côté et 
d'autre. Elle se trouve intercalée à peu près au milieu du texte 
original. 



1) JovrnaJ (asiatique 1872. Avril — Miii. 



g l)( lu Aff^trKiiir cJir-: les Si/rir.ns. 

.^Lq*.JJ J1:>\1a.O jl^JiL ^/ :,^XOVJpfcOD ]IS.JÛ^Q2) jLoi^oo/ 
^^i>o |o^ -«•♦ûd/ jLol. k:^!.!. li— >^-J? -^0)25 ♦o ^1 fc^j/ 

l^iocD ^-j JiL^xjxiV .J^Q:i.jo |jû-a-o p»bo J^-^? . JVofcdo ^/ 

^i-.WX)Jo [.] jfc^-UQ^^-.0|_2) -) 6>-.fc^/ 1_XJD j*»»JO JJJCL*. 



1) Le texte suivant a été copié sur le manuscrit 21454 du Musée britan- 
nique et coUationé sur un manuscrit de la Bibliothèque Bodléienne, coté 528 
Marsh. Nous désignons le manuscrit de Londres par la lettre L et le manuscrit 
d'Oxford par la lettre O. Le texte commence dans le manuscrit de Londres 
au fo. 64 a et dans le manuscrit d'Oxford au fo. 137 a. 2) O omet le mot 



suivant. 3) O JO**© . 4) O jjO) JLOAÎDO/. 5) |loO>>k^ 

do . Q)\,^ sculpsit, caelavit, à proprement parler ciselure \ j N\y> LoSi-^s^ 
ciseler le discours. 6) |i\o de ^\i3 levis fuit, allevavit (V) D'où 

jJXO "llcvatio, expuhio J^_>j-JLJLj J^ÛClL ''"^îLo action par laquelle on 

diminue l'opprobre, le déshonneur, par laquelle on repousse l'injure de quel- 
quun. 7) Nous ponctuons JN-^i -\0»r>^ J\, t >r>.A>f> parce que nous prenons 
ces mots au sens actif et non pas au sens passif, comme cela aurait lieu si 
nous écrivions JN^J\0>\>, j^wa2O*.b0D. 8) Le manuscrit n'est pas 

constant dans la manière d'écrire ce mot. L'auteur le prend ordinairement pour 
VArt i>oé.tiqii.c, quelquefois pour la Poésie elle-même. O ^JOS . |l.Q^o|S . 



\vo]o I .fcv^l2Js.i>D U» bo^» |l.ai»o/ .6(-fc^/ '■ lloja^olaj 

Uqxuli LuJi.-^^ ^/ 1 . ij^obc Uo ^oii InJv»© 

*) |b.. mnY> 6ub^/ ):»oi^ wcx^ . )!-o»^o^ ^ ^i Iji.3 . . . 

\>. — DOi '^ ^ x> . ^n ./ .^Ij . » n ■ 'o iN-.i ASix» 3Poio!^x» 
\s\o |>ji >^/ .jN^lio^o 16»-^-/ Dis? IlS-arua^oj ''• iLo^ols»^ 

1) O \%1 h Ji.QA^o}2>. "-'I K - joX jxTt rc mot iniiiiqut Am\> \f 

lexique La racine t-st • o\. J SU- tijtprojnntptavit, c'unbiiKr harmoniou-Homniit 

<1 une fa(,oii coulante les mots 3) fc^j^^\^^JD miiniff^tement , «!.• lu racino 

w\,,j,^ revelavU. 4i jj'^QOS Irg choxcjt, rf», terme j;enériqu«! vajriie, 

pouvant signifier divers olij't.s — C'est une expression philosophique. 5) O 

|x.oi^. fi) jfc^^ODiaiO vient probablement do »^lO humilù factiu cmI, 

qui restreint, rend précis et semble appauvrir C'est du n-ste le s'-n.-. qui e,t 
demandé par les deux épithètes opposées )fccJo»L V i> X> . )N.>i-»N ^^ 7"* 
enrichit, qui dilalr. 7. O omet JJLioj . >*' |jOQ-bOO participe ethpa al 

de la racine JDQa* — bniller , enlrehailier , se dit dune |)orte. De la 
ouvrir et séparer, divitier: En combien despèceg se fiit-ige . . V 9) L. 

fo. 64 6.-0 jLo^oiS). 10) O ;-fco. 11 1 OjLo^olS) et omet 

ce qui est entre imieuthése. r.'i ''■' ^fcOi^J. i-'^j O 138 a. 



]() De la A f(' frit/ne chez les S ij riens. 

)N...iwJLLo .\>Jpfc<A>0 0))iJ^^J ÔO) |-»p> ,Jj-AQÛQ-^ oc» w'^DQJ 

^) IjojA» ") |-.ôo)j j_» bo^J^ p .jLo^j IqJI j-^0)i ô^^ W 
I^Qjt JJo ^j jJj .^Vr»»]? l-^-J) ^' ^^^ )oV-^ ^) . N-l->fc^*.Qjd^ 

loooi ooi . Ilicio/ jloL/ >Ac»j jaa^aop/ ^jo •:• JAq:^^ JNo.\a,1 
.^oj-N-./ ^O) |].QiX5o/ Ijojj jjo-Jo |-*-.-;û ^ jjLjjo •:-)^|*,^ûo 
^^\j jJlidôo .jLoA>OJ0j U\^/ -JJ^-jo 6^-3 ^)*.^>o j:i-^ ^ 



n O iLo^^jO-Ol. 2l O Jj***0/, au lieu de Jjj*, ^/ . 3) O 

|i!>i\:^0 , au lieu de |ixJ2D . 4) y^-N participe pe'îl de - 0>\ con- 

tcxuit. „Ce8 deuxgenreu sont jdacés dans la clause des choses dissemblables''. 
(Voir plus loin). 5) O omet ^Vl. . 6) O Jo6) . 7) 138 b. 

Si N-j'N*00\ locution adverbiale formée du mot j]^tJtQJO vérité et de la 
particule Lomad: en vérité, véritablement, tel que cela est en réalité. 
() b^}x>]^00\ . 0) O en marge ^'^^^. 10) L ft^j^OJ^a^Oj 

6)\d^ )-jV . 1 1) Les démonstrations subtiles, ingénieuses. Probable- 

ment il s'agit ici des allégories. 



1^ lit Sfi^triiiHf •■hrx U» SynVx* |1 

V jJo^ Ijui ^.i looi Uo . ^O-^X) ^*/ A»/ -^./ A» ■ IV 
.\>.ll JJ jualx) •( UliJo i^o-fcoo |jo^ JJ Uooi;» ochj/ . Lia U 



1) /- 



J-»,— i>0. 2» O jLoVljj. .1 1 jLoL/ » i»i lo sens do /JyurM 

et lépithète m'qualqnaloné, dérive de Qiuilquel, ronrolrit, perlurbavit. sipriiifip. 
sans doute, détournées, recherchées ou acaiinulées len une« mir les antre* 

quoique le mot |l c\\c\es ^ qui vient peu après, comble dovoir être pri> d»n» lu 
sens de blâme plutôt que dans tout autre , à c^use de son opposition avec 
j rr>\r> o , 4) O f. 139 a. b^ L f. 65 a. 6) L )Lqj..J T>^ , 

\ ' I " "j * 

7) L )lû*2D. 8) L omet ce qui est entre parenthèse. 0) ^.j/ a iliv. r> >• n 

il signifie espèces ou jxirties : jb^uO^JaS j-OO—lSJO j-fcj/ l.Xl_aX 

[p. 9]-, grejirc de genres ^JÎlJ/ «AJ/ [p H]; fornie au sens philosophique. 

par opposition k la matière: on ne peut rien composer sans la matière 
et la forme [p. 11]. Cest ce gui joint à la matière engendre la figure 

[p. 13], — »*2^Q2D (en marge f. 65a. on trouve dans le manuscrit cette 



]2 />'' /" Mrtriqur chez Ir.'i Si/rirtis. 

N^ \xDO) .JJooi ') |x.^o^ ^oo) .JloL/ )ax \^-^2> JJJoj Ws^ 
|x.iX3Z5 j?i-A ^-.Q*. >çooM ♦£> ^j . |aaoQ^.ûD/ ^-,/ . JJooj |j^.<sOi 

OCM ^OIOÎ^/ i-^^k^sOl? ^j» U^*^ I I V*-^ JîS-QJÛD ._>ÇCH^Ai:,^1 

Noo/ )»_^ ) ji.Qi*^iiDj 601 .|-,Nxllo l-o—VL ^OOifcOD 0^1»? 
♦^ JJO) ^J OO) .Jtjjl 001 ^^/ 0)Zi .\i.IiûîD |-2>JJqûD 6/ |>0 J 

)J-Xi_Ji_>DO . >çp^J l,hsXl lu^ . JLj—^I \i>^ \^^ >9> O) \Nj 

j-i_X_^^ -liv_JlL l'^^h^ \)A : jXs^ v-^Jl^^L )^QA.0 . jLOJi-^JDJ 

V jLoiLjt^jplbooj ÔO) |:qjl ^/ Vîû^s, '') Jo>:qjo 3coJjQa3 ^) <.«.>o...\. 
^ l^-wJû^ 0/ jQÛQiO^ . |i>\ J?QÛD? JJjo fcôbo «OJ }-.^ JJ sajjJo 

note marginale O^^lio/ jfccOCL. jl^\2D , fVs< un mot rjre.C) indique le mètre 

1 '*' 71 

complot, le mètre avec tous ses éléments, syllabes et repos. C'est le moule, 

pDQ2D/. comme Jacques l'appelle quelque part [p. 13]. 

Il () 139 i. 2) Ce mot signifie repos ou césure, le repos, par 

exemple , qui a lieu après chaque syllabe ; et , comme les césures et les repos 

produisent le rythme poétique , le poète s'appelle quelquefois J t ,. . t Vt 

(W. Wright, Catalogue of Syriac Mss. in the Britlsh Muséum, .... 
II, 614 a). On prend quelquefois ce mot pour la syllabe même (ibid. 615 fl), 
et tel est plusieurs fois le cas dans le traité de Jacques de Mar-Mathaï. — 

O omet )♦*». 3) O omet ce passage. 4) O omet le mot précédent. 

5) O 140 a. 6) O J^Op) . 



Ih In Mrtrii/ur - Ar; Ut Syrifn^ \l\ 

|o»iûLjL .5ldo/ ' < I — j»» U^QûD ^* x>-^ . ^^1^ UiL- Lu^ 

I - ■• ^;^ fc^J? bo-o/ -ixaio;» .pcxxaXL:) jLou .iLfcoo ^ocx^ b<^/ 
)ooi )io -^ \ Uooîl ' ^oiLl^oo ♦o;» oo o^-/ ^< U.*/ . U>cLo 

U>iao )o-d!ScyiY)o i ix>^lfcoo . |-^jl2i>o iiio;»© ILo^IjO ^;t ix>QX>/ 
^ Jooi .UochA |_jli/ s^jlfcoo «JDO 1 t oo .j-^Zi. 6/ ^o^ 

.^^ol j*;-.]^ ^? v^oio V ?Q-A i-QjL ^1 vpjoi . ixziV/ Loj ^600 
ja'vi.. 6/ . jfc>^Lo Jl>\l ^1 v^d ..^? J^^^ v)L^^ 6/ ' - )^ 

1) Z . 0>or> n/ L JCHÏÔQA.. -'' '''' wl^fc^Jt. 3/ O v^jfcoo. 

4) 6» ^ )j)o/. 5, 6» liDjliOD. G. O Jb^-QA^D? . T ^^ i-^-^V • 

8) O 14UZ'. 9) O omet deux mots. l"'i O i-ODI . \\i L tU) n 
12; O ]♦- ^j . 



J4 I^c l<i ^î^'lrùiiie rlie-c le.» Si/riens. 

. U^V/ Lq^ JA^o ^îL Ici». Jfc\l . i:i2>cHZb ^ofi; ,^01 . j-oj». 
^hco/ . Uqjl Loi 'j jv-I^?o Jv-N- Icii. I-QJL? |joi i^) N^ JJ/ 

^ ^llSioj ôo) .wOiobv-/ |__x)».jO |^xi_L^j ^_L-.;jbjo .J*jq3 
.|x;^ bv-j».-J2ijL .^\-oi \i.^ ooL oo)0 .jix^ wfc^Njt -oiol^jj 



n o Ulfl. 2) O l'^l^O. 3) ^>> écrit toujours jooi . 4) O 

^VL ^. 7j O 141 b. 8) O jNi. 9j O ajoute |i:s^ w.;,tY>\^l 00)0. 



jN>.^..>z>io V-ss. ^* iN.ft.xa.. ^iX|;\p gpj^ovtN ^<>^ ^ . Uoo 
6i^fc^)i ^o à^l-^^u. )ci\ ^\ \^ '< ^JSs> l^opi ^/ )fc^\Al.o 

Ut?JJ 1 j>^\o . )♦- |^.^>oio .yf^] is^l cyfc^ \i.A ^o p ^o 
ô/| . ^.o) NioV/ 6il^ ..01 LoDCM ocM -UNivfi <-;.jaQ:i.!-îsjLl- 061 

.JliwjLQX5i JJJiiL ts^o/ Ixi^^j -Uooi ' ) ^-^io/ ^1 jsoL 
|-.-,p N-C5 |A^ 0/ . ) .\yi>y> 6/ . |_:i-.V/ 0/ . v^/ i— -^-D 0/ 
. ^t^li^io I^D^o jmt^ ^1 iJLi/ >^6i ^/ .. ^;JD . U\>nii'Y>\ 

♦*:i ^ [•] iuîL |ûQJs^^? iAiix- v^joi U\^ .i-Î^AL Iûdi^^;» 
. j>o.m? Jofl ^^OM^D . jJLi/ ^o) ^ ♦- ♦-Ad \iA? ^. c y>.»o 
^ |^i>cx^;*2>oi ^? jooiL lljfcwJLQ^Di ^oA-i JJ.-^ vi«-Kji Un./ 

1) L omet ce passago. 2i O 142 rr. 3) L CC />. 4i O J,« "^ 

)♦-. ♦D . ô) 6> j>û*ûDlNx> JNûdJ^jl . C I O ^-..(yinN^» . 

7; C , ^v 8) o répète te passage 9i O 142 i. H», O |.J-OOl1 ^l.;X>/. 



2(j Dr la Aff'trùjiie chez les Syriens. 



De la Métrique. 

Traité troisii'me du livre premier des Dialogues, 
ICI r 1 e 111 ê ni o au te ur. 

En suivant le plan et la marche que nous nous sommes 
tracés, pour répondx'e aux sollicitations et aux instances de Votre 
Fraternité, nous voici aiiivé à parler de la Poésie. Vous, lorsque 
vous lirez ces pages, vous n'oublierez pas de prier pour le plus 
misérable de tous les hommes, pour le pauvre Jacques, qui va 
traiter cette question importante, suivant la mesure de ses forces, 
afin de monti'er les avantages qu'on peut retirer de la comiais- 
sance de la Métrique. N'est-ce pas, en effet, cet art qui apprend 
à oi'ner la parole, à polir la phrase, à ciseler le discoui-s? N'est- 
ce pas avec son aide qu'on parvient à repousser les attaques que 
de téméraii'es détracteurs intentent contre notre idiome syrien? 
N'est-ce point par la poésie qu'on confond les personnes qui accu- 
sent notre langue d'être bornée, sans ampleur, sans souplesse, 
pauvi'e, et, en quelque façon, contrainte de mendier? 

Abordons notre sujet, en procédant, suivant notre méthode, 
par définitions et par divisions. 

Dematide prt'emîère. Qu'est-ce que la Poétique? — • Nous ré- 
pondons que la Poétique est l'art de disposer si harmonieusement 
les mots qu'on amve à dire, par le soin avec lequel on ordonne, 
on combine et on an-ange les expressions, plus que ne signifient 
les termes; et c'sst par là que la Poésie charme l'esprit de ceux 
qui l'entendent. La Poétique diffère de la Rhétorique en ce que 
la premièro orne le discoui's en le resserrant, tandis que la seconde, 
l'embellit en prodiguant les mots. 

Demande deuxième: En combien de parties divise-t-on la 
Poétique? — Réponse: On distingue dans la Poétique quatre 
parties fondamentales: premièi-ement la science des mètres*), se- 
condement la science des lettres Aoïatha (Lettres sociables), qu'il 
faui rapprocher au commeueemeut. à la fin et ijuelque fois même 



1) jN^f^OV* le mHre w.JcQX>< |tO\ p>. In métrique, [p. 9] |«.QA>0 
le versificateur [p. 10]. Quelquefois le mot J]^omQa2D signifie aussi la mesure 
eu général, ou même une mesure particulière, une partie de vers. 



au luilifu'), troisiHini.in.Mit ct<U«' »1«' lu TiLscltithn^), .|uutririn.- 
riuMit celh' du H' haut in '). 

11 «'St lacilf tlf (It-montrer qu« i-fs piuiifK no sont, ni plus 
ni moins nombreuses, «-n roc«»unuit i^ l'unalyso. Comment cela? 
- L« voici: la Poisii- . ilaiirts l'idée juste* iju'il faut sVn faire. 
pn-L-ist! et orne les mots. Or. on |»out om«-r les niots par la 
ressembUmc»' ou la dissemblance. Mais, par la resseml)lanre on 
obtient les deux luemiers ^^enn-s, le type des mots é^aux par la 
lonj^oieur, c'est-à-dire, par le même nombre de mesures ou de 
syllabes. Quant aux lettres ijui se ressemblent et «|u'on appelle 
Ac'ïtithd, elles sont pronctncées et entendues presijue de la même 
niiinière. — De lu disseniljlance découlent les deux autres parties, 
la 'Dusrlrîtlni et le (i'himCïn. On les rapporte à la dissemblance 
par ce ijue, à chaque insturit, le poète tniite telle ou telle Tojif/t'- 
itUti. suivant l'inspinition (pii l'emporte. Quant au ii'lMmtui, il 
varie de nature et de nombre suivant b; sujet »|u'on traite. On 
range sous la dissemblance ces deux parties, quoii|u'elles ne soient 
pas absolument étrangères ii la ressemblance. Le (rlnniTia lui- 
même n'est pas complètement étranger à la TajirW'Uha puisqu'il 
se règle sur elle. La T(i.srlrifliti touche aussi de bien près ïi la 
ressemblance, puisqu'elle tâche de reproduire tidèlement ce qui est, 
mais, comparativement aux autres genres, cetix-ci sont considéré.^ 
comme dissemblants et divers; d'où vient (ju'ils forment deux 
genres à part . nommés de leur nom T(i.sr/i''if/ia et (i'/nmtïa. 
De même encore les espèces de lettres Ao'kUha sont -elles nom- 
breuses. 

Ce sont là les parties saillantes et générales de cet art. (pii 
en comprend néanmoins l)ien d'autres, comme la (\>inAil.ic, les 



Il JlS^o/ Av'iatha, lettres i|ui pouvont s'u-ss'ni«r mi riin<T iiii com- 
iiiPiiceineiit , ;iu milieu et îi la fin des mots. Les Orieiituux ne se contentent 
piis d'avoir des rimes finales, ils en ont encore <rinitialeii et do médialfji, 
comme on le voit dans certaines poésies, dans Ebed Jesu et dans .Inun d« 

Mossoul. Jaciiufs les définit, du reste, de cette fa^on: N-I3o/ ^^?? I-Ol/ 

^\>ÔNa:00 .^J^fcOO JjV^ ^\o ^6/ Lettres scnMnhk>i ,j><<,„ j,n. 

nonce et qu'on entend presque de la même manière (p 10|. Ji |N«\fcL 
proprement Histoire, mais ici, ce mot a une antre >i;.'nification. A\u>\. Jai<|u<> 
le prend pour le fivjet dans cette phrase: Le f/ùuiU'ta u'ent jmn Complitf.meiU 
étranger à la taseh'ithd f>ui«qiiil se rè^gle sur elle (p 17). Cest le rét-il. 

le narré, Vexposé. ;{i J -\ "^ - l'i^i" fr'boulïa l'auteur entend surtout 

le style figuré. A l'endroit où il en parle ex professa, il divise le G'honVïn 
en cinq espèces, en paraholes, proverbes, comparaisons, eii g'bonl'ïa simple, 

en prosopopée : JJfcOûl , jl]! ^\ . |ûû2>Q^ N*Do/ J VI .. ^ Lo.. -^\\ 
Abhandl. d. DMO. Vil. 2. - 



]g Dr 1(1 Mririqiir chez Icn Syriens. 

Prniri/>rs poralh'litpies, les AU/'ijm'ies , la TragAdie et autres 
clinscs srnil)liil»los. Mais ces dernières espèces sont considérées 
roiiiiiie dos dérivées et ne peuvent prendre place parmi les parties 
iondanieniales. La Comédie est formée le plus souvent du 
(l'hoiitïn <m en découle. Il faut en dii-e autant de la pai'abole. 
Quant à l'allétforie, elle est composée de figures accumulées, car 
la Poi'sie se sert de l'éloge et du blâme qui appartiennent, à pro- 
prement jiarler, à la Rhétorique, et elle les emploie dans ses 
tableaux. — Il n'y a donc en tout que (|uatre parties dans cette 
science, ainsi (pie nous l'avons montré. 

DciiunuU troisicme: Qu'est-ce que le vers et de quels éléments 
se compose-t-ilV Ilrjmise: Oti appelle vei's une série de mots 
qui se correspondent par l'agencement de leurs syllabes, ou bien 
on appelle vers une série de mots sur laquelle d'autres calquent 
le nombre de leurs voyelles^). De même que, quand il s'agit 



1) J)es vers dans la langue Syrienne. ..Nous .appelons vers ces lam- 
„boftux do phr;\sp , dont nous avons compté et pour ainsi dire mesuré les 
..sylliibos, afin de parler avec nombre. On procède de deu.x manières pour 
,.mpsur(>r les syllabes de ce que nous appelons un vers, ou bien nous les 
„comptons suiv.int les mètres dans lesquels il nous plaît de chanter, et les 
,, espèces de vers .sont considérablement nombreuses chez les Syriens, ainsi que 
,,nous le ferons voir plus bas, quand nous donnerons un spécimen de chaque 
„genre, oh bien vous procérloas en supputant les longues et 1rs /nèves, 
„et voilà pour<iuoi nnus allons faire connaître quelles sont les voyelles longues 
„ou brèves et (•(nnintiit on les distingue". 

jli<-«AQ>D La.>oo l.oO)\ ,_i-._LX> o/ ♦J^..«o>r>^ ^to«.. oolo 

jN_i^-.V/ jN ■ C I . » ^|j Jfc^Vjo Jfc^'^oj jNiiûJ loJûo loO)\ o/ 
.liA.iQ2) ^o^j ^^° ^"^^ ^^"^ ^°? Jfc^t^o 

c'est ainsi que Pierre Métoscite, dans sa gi-ammaire manuscfite . commence 
un traité sur la versification {Ms. de la Biblioth. dit, Vatican 435, p. 168>. 
Assémani dit plus simplement: „Le vers est une proposition dont les voyelles 
„sont soumises k un nombre déterminé. On en compte deux genres, le vers 
..mmple qui se divise en trois espèces et comprend le mètre de Saint Jacques, 
„Ie mètre de St. Eplirem, le mètre de Mar-Balaï, et le vers composé dont les 



lir la .\frtri4pte chfs If s Sf/rirn*. ]\t 

(1 uiio cliose t|Uflf.)iu|U»«, il l'st iiii|Mis.Hilili) dv In cnnc«v<iir miix la 
matière et la forme, dt> inriiii< ilaiis 1«h m«itii . le« ••li>niont« no 
peuvent se c. instituer, sans qu'a la iiiatiiTo prioxintanti' vii-niu» 
s'ajouter la l'urine i|iii favonne. ("'••st pnuniuoi il mms faut iippn-ntlro. 
avant tout, ee ijue e'est i|Ue In matière, la fctnne et le moule 
{Mtmiùti). ha mati.re. c'est -àilin-, l'.li-ni.'nt pn.'xiHtant cK-h von». 
est la syllabe et Voiei comment nous le ilèniontrong. I>e même. 
fil t'tt'et, <|Ue (les sons simples joints aux eonsonnes Hcn'nnt du 
matière à la syllahe: de même, dans les motii. dans les verb«*H ft 
dans les phrases, les syllaltes, tpii les composent, jouent -«'lli-s le 
rôle de la matière. Des vei-sets ipii se tnmveut è^aux les un<i 
aux autres, sous le rappml du nomlirc des syllalies, forment un 
vers et la premier»' syllalte sert à dètenniner la seconde et In 
troisième. Klle ne t;omprend «[u'un repos, c'est-à-dire. i|u'une per- 
cussion ou syllabe, ci^nuiu- le mot .ju/ nosrh. Si on la redouble, 
on obtient alors deux syllabes, comme dans le nom jju/ nittir/to. 

De même que toute unité ajoutée à deux produit le nombre trois, 
de même encore une syllabe ajoutée i\ deux autres engendre une 

expression trisyllabique. comme dans l'appellatif |juJV3. '^*' «"ême 
entîn deux syllabes ajoutées à deux syllabes produisent un terme 
de (juatre syllabes, par exemple, le ([ualificatif l' O w -l O , l'ne 
paire de syllabes, ajoutt-e au nombre impair trni^. luurluit dans b-s 
noms ceux de ciiKj syllabes, conimt' jLOJJL^JOliOO . C'est jiar ces 

cinq syllabes qu'est compté et mesuré tout le discours, et, quiiîon- 
que se sert des expressions du langa<,'e ordinaire ne peut sortir 
du nombre de cinq syllabes, dont nous avons parlé. Cependant 
les Syriens Orientaux admettent des qualificatifs de six syllabes, 

comme jloll\>0^>0 . jIqlIoJ^aÎO 'te: i.ar <■•• (|Ue. à l'exemple 

des Arabes et des Grecs, ils In'.'nMit .1- ni...i;tl.-.il..n. ,1;,,.. 1- 
nombre des repos *). 

.espèces sont nombreuses |x.J\^"^ V---CDJ? \\^ X) X) O^is^/ )b^QAX> 

„, JIS\L ÔMt?)© ]h^.<MB jÎ5wQjLX> U^^ . o^:j) ^^/ ^iLo .. \si^>sx> 
..jj^il |j) .>A^ wV»io )o--3/ -•♦-io?o ^qû:i^ -♦»? JN^qa» 

j)_P>m ÔM».?Jo JfcOD-»X> Jto-QJLO iM> (le lii Hibliotli. (le Vatican .189, 
vers le milieu). 

1) Je lirais volontiers |j...lY> puur jxa» . On voit par ce «lue dit notre 
auteur, que le Mar'htnna et le Mhagh'mna sont d'origine nest-jrienne, ainsi 
que nous l'avons montré ailleurs (Syrietm Orient, et Occident. Journal Asiat. 
1872, 1. p. 3.04». 

2* 



OQ De ht ^frtrrquc chez les Sijriens. 

Lu forme est ce qui donne une apparence à la matière, en 
s'unissant iV elle; de même que, avec de la paille et de la boue, 
on faliri(iue de la 1)ri(|ue ; de même que, à l'aide du moule du 
fondeur et de l'or fondu, on fa(,'.onno, on coule une mule et quel- 
((uefois un homme, de même, la forme, en s'ajoutaiit ii la matit-re, 
fait de la phrase un vers. 

Diiiimifh' quatru'ine: Combien y a-t-il d'espèces pinmitives 
.1.- vrs? 

llrpotisc: En combinant de diverses manifires ou en redoublant 
l.'s ciiKi syllalx^s dont nous venons de parler, nous formons 
iA constituons ([uatre espèces de mètres. Voici comment tout 
vers est employé par le poète à un nombre pair ou impair 
de syllabes; ou bien il a les deux à la fois, ou bien encore, les 
termes à syllabes paires pi'écèdent les termes à syllabes impaires 
ou bien c'est le contraire qui a lieu: les mots à syllabes im- 
paires précèdent et les mots à syllabes paires viennent à la fin. 
De là quatre genres de vers: 1" ceux qui sont composés de 
termes à syllabes paires, 2" ceux qui ont des mots à syllabes 
impaires. 3" ceux où les termes à syllabes impaires précèdent les 
tennes à syllabes paires; 4" ceux au contraire où les termes à 
syllabes paires précèdent les termes à syllabes impaires. A la 
première catégorie appartiennent les vers composés de mots à deux 
ou à quatre syllabes répétées une ou plusieurs fois ; à la seconde 
ceux qui sont composés de mots de trois ou de cinq syllabes. 
A la catégorie des vers composés de mots à syllabes paires com- 
binés avec des mots à syllabes impaires appai'tiennent les vers où 
un mot de deux syllabes en précède d'autres qui en ont une ou 
trois ; où un mot de quatre en précède d'autres qui en ont trois 
ou cinq, que cela ait lieu une ou plusieurs fois. Dans les vers 
foniiés de mots à syllabes impaires combinés avec des mots à 
syllabes paires, on obtient des combinaisons contraires aux précé- 
dentes, c'est-à-dire , que trois syllabes se combinent avec deux, et 
cinq avec quatre. Mais dans ces deux dernières catégories, toutes 
les fois que le nombre des syllabes est le même la mesure ne 
change pas, VEskiiiia seul varie, ainsi qu'on le montrera dans la suite. 

Dematide cinquième: En combien d'espèces se divise chacun 
de ces genres? 

Réponse : Le premier genre, composé des éléments qui servent 
de base au mètre, est afifecté aux sujets peu solennels et se divise 
en trois espèces, résultant chacune des éléments primordiaux de 
tout vei-s. Une syllabe unie à deux forme le vei*s de trois. Deux 
unies à deux fonnent le vers de quatre et deux unies à trois 
celui de cinq. 

Le second genre se divise en cinq espèces, dont voici la 
génération: En redoublant le vers de trois syllabes on obtient la 
première espèce de ce genre, c'est-à-dire, le vers de six syllabes. 
Si on l'ajoute au vers de quatre syllabes on a celui de sept. Le 



I>r la Mt-trtéftus cftn tê* Syrtens .j 

VJ'is (If «luutn» syllabes r«'«l<'i't.i i-iil ,.,,,, ,,, ,,,,,(, ,l„ 

UH'inf .|uo tplui do rin.| r.p. t , ,.|ui d.» dit Hvllabi-v 

liP troisi^lny ^''^nn» si- .i v i"»i»K*«h. L.. v«n H» 

«lUiitr»' roiuhin»' uvet- lui-m/<ino t-t ««lui df troi.H |)r«iduit If T«n 
«!.• onze sylliihes. |Li. vers d« quiitn. Hyllulio.s ré|M^!i. iruth foi» 
produit le vers de douzo syllahos.] Le von» di» <|Ujitr« encore 
lomhini' avec lui-même ot uvoc celui de cinq on^i'iidre le ver» de 
treize syllabes; le vers de cimi syllabes combiné avec lui-m^me 
et avec celui de (|Uutre produit le vers de quatorze xyllnbe^', le 
vers de cin<| np.'té trois fois fait naître le vers de quinze «yllabeH, 
pendant f|ue celui de (juatre répété quatre fois engendre le vem 
de seize syllabes. 

Le quatrif^me genre se divise en «juatre e&pécc.s dont voici 
la génération: si on prend les types primitifs, le pentamMro. le 
tétramètre et le trimètre, une fois cbacun avec leur compagnon 
qui sert de base à la pièce, on obtient trois espèces. l'ar exemple 
le tétramètre répété trois fois et le pentamètn* produisent le ver^ 
de dix-sept syllabes. Le pentamètre répété trois fois et le trimètre 
produisent le vers de dix-liuit .syllabes. Le pentamètre encore répété 
trois fois et le tétraniètre engendrent le vers de di.x-neuf syllabes. 
Le pentamètre entin répété quatre fois ou le tétraniètre répi'-té 
cinq fois conduisent au vei-s de vingt syllabes. Tels sont les 
quati'e genres de mesure, qui se sul)divisent en dix-huit espères. 

En outre, il faut obsei'ver (jue les Il/ufh'iinu'. nu mesures du 
vers, sont, ou brèves, ou longues, ou parfaites, ou moyennes», 
c'est-à-dire,' ni brèves ni longues. Elles sont brèves, par exemple, 
dans les espèces qui dérivent du premier genre; longues dans 
celles qui dérivent du (juatrième; parfaites dans les six espèces 
du troisième genre; moyennes dans les cinq du second genre '). 



1) L'autear ne parle pas ici du vers de syllabes. 2) Il est dinicilo 

d'expliquer ce que Jacques entend par ces espèce» de .-ijUabe!». K^ndcmmont 
il ne veut point parler de la longueur ou de la brièveté des voyelles, comme 
Pierre Méto.scite l'a fait plus haut (p. 18 note 1); car le» Sj-riens no 
tenaient aucun compte de la nature des voyelles dans la poésie, malf^rn 
ce qu'on pourrait conclure du pii.ssage du dernier auteur. C'est lui-mrmo 
qui nous le dit en propres terme». Dans la grammaire, après avoir parle 
des voyelles longues et brèves, il ajoute: ,./>V» sylkJje^ lonqtteJi ou hr^rcs 
„dans la lecture ont la même valeur pour le poète II jx-ut los «mpl.iy.r 
„comme il l'entend, sans faire aucune attention au.x longues ei aux brèves; 
„car les Syriens n'imitent pas en ceci les Grecs ot les Romains, pour Ics- 
„quels il ne saurait y avoir de vers, si on ne tenait pas compte de» longues 

„et des brèves". ^.^ ^ .a .^ ^ \ >.? j..i --sv^Of .^^— ^©1 ^^^^-^ )OV_r> 

V^jtj ^Jo 1-CLJL >^/ jN.„>oY)2> U';d ^oL o/ io-ï/ U--,ûi5 
|_-V_oj I^JtoBo jutioS ♦^^ |-^Q_^ ''^^:i2) wM.ju^ ^^,x> Un> 'v i \ 
I-Vdlo --ijJ ^'t^? |-^ooi-;\ o/ U)d\ U^'Qûd ^ . /^ fi 'i U . ^Ho 

I^OO) JJ jN-rOW^ Q^. (Ms. de la Biblioth. du Vatican 43-5, fo 170;. 



22 Dr lu M'triijue rhrz les Syrien». 

N(His allons (•(.'liiinir par (1rs expin])lcs tout ce qui vient d'être 
(lit. aHn qu'on coni|irpiiii(' l)ic>n la tonne des vers. Prenons pour 
ext'Miitli's (iu»'l<|ucs uns (\r nos vers; d'uhord. des vers de trois 
syllal.es: 

,SeignPur . ayez pitir df moi et de ma méchanceté, et ré- 
,pondez-moi." 

Ensuite des vers de quatre s^dlahes (JXs^O) fc^^^^-oi): 

^Seigneur bon et miséricin-dieux. [.urifiez de ses péchés Jacques, 
„votre serviteur." 

Puis des vers de cintj syllabes (jxAo) bw-ju2û**): 

^Seigneur, ne me conigez point dans votre colère, je vous en 
, supplie. Ne me reprenez point dans votre fureur, ô Vous qui 
,étes bon et miséricordieux." 

Enfin des vers de six syllabes (jx^O) '') lis>-)i<-li'wJLi: 









,() Sfi^'ii»'ur iiitini m iiu>>»iitortlf. n-poiulo/. à vntr»» servitour 
,tlim.s son aii>,'iii.sse. l)»'livn'/.-li' aujourilhiii. itliii i|u'il n» »i5 |H'nli' pa-s". 

Cette ili'i-nière espt'ix*, nous m- ilovuiis \nis In liii.ss«?r ij^norur. 
ailiiu't trois autres variétés, t<ii se iorinaiit «le doux syllabi'S r»'H^«tV?eH 
trois fois, ou de deux coiiihiiiées avec <|Uatre, ou d»* <|Uatre corn- 
l.iiu'es avec deux. C'est pourquoi la forme c|fs ••lément.s varie. 
• (iioique le mètre demeure t<iuj()urs le même. On distiii;nie cr» 
variétés, soit quand ou les récite, soit <|Uan'l on les enti-nd réciter, 
par ce que le nonilire des syllabes d'où resultf l'unité du mètre 
est le même. Cependant il y a des modifications dmi^ l>s l'i-os *). 

Voici uu exemple de vers de sept syllalx»-^ ' it^^Oi îs.\.'^fc): 
=').|o-l:o ^/ W ^^ 

a) L 61a. In ^il ^ÎL. f. ^ i^û^riûD/. </ , ^joi 

est répété dans Z. - O Ut |jj ^J OO) . n O -met ^0> . / ■ f- loOl. 

fj) W. Wright, Catalorpie of Syrlac Mss. in the Britùh Musc.m. II. .,il. 
61.x IXi^OC»/ o//,ua, forme en général, a divers sons jLoLJj | V ' ">^ / 
jbc;o/ forme, nature des lettres^ associables. — Il indique auwi k= -lix. rs.s 
lormes nue peut avoir un vers de même mesure, par e.vemplo un vers de 
douze syUabes. 11 se prend pour le terme générique espèce, au sens philoso- 
phique: cspècea de vens, de mètres, etc. 



24 lie 1(1 M/'trique chez les Syriens. 

. )jioi?|r» .Aj/ Joop 

. |xa^>_*iD JOOI |_.jbQ_JLj 

. Jjûoo- Uj ^'ACD ^) xi^A^ 

„Ali! que j'ai eu peur de me sépai'er d'un frère et d'un ami! 
flCar c'est bien là ce que doit craindre l'homme, tant qu'il vit dans 
„le temps , si inconstant dans ses promesses. Il n'y a pas , pour 
,les blessures que le temps inflige, de médecin comparable à la 
^fermeté du cœur. Le temps nous sépare après les conversations 
, d'une année ou d'un moment, car ses révolutions sont sans pitié. 
, Disons au temps : Agis quand tu voudras, car, étant toujours sur 
„nos gardes nous nous présenterons à ton amvée"''). 

Cette espèce de vers admet aussi trois variétés de forme, 
(juoique le mètre demeure le même, par la combinaison de trois 
syllabes avec quatre, ou par celle de quatre avec trois, ou par 
celle de deux avec trois et avec trois''). 



1) () ^J JOJ). 2) O j'k^? ^/. ••>' ^ Op) l-Zi.:^?. 

4) C 143 0. b) O |^v> 6) Nous doutons d'avoir bien saisi le sens de 

cette strophe. 7) . ]li\l |>QxnûD/ .-O^N-.rt^ . jjo) ^^ ^ "^"^ÔV) 



Ex.'inpl,. il,. vfr.s ik. huit svll..!.. ( UsxOi N-oOdI; : 

.J\ûAo U- -'«A:^ »^/ joio 

,Lp désir et l.i joif *[\v leiiDUvelIc toujours en moi Voiro 

,vue consolautt', rallument mes flammes. Et voici coiieiHlant i|ue 

„lii douleur et la tristesse s'emitarent de moi. Mon roiiis lan^niit 

,d'ennui; je m'aflaiblis et perds la force de parler, par excès de 
, désir''. 

Exemple de veis «If rt'-nt syll:<1if^ (JXs^Oi N,-.\.-a'. ) : 
. ;X>^ Ji-lNciS. jj-»*.Q25 10200 

,Notre temps, amer entre tous, nous ressemble Cainsi jiarlait 
„un homme sage et véridique). car il él^ve et humilie, il éprouve 
,1a volonté et il fait sombrer tous les hommes dans le creuset de 
^l'épreuve". 



V . V |fc\L ^o lîsilo 

1:1 O l\J^. 2) O JJUJ pour |a^, :i> O -M m;i,- .2i^Lo 

^^Na. li/ ,-^n> . 4) o )OJti . 5) o '^'^ pour V->^ . 



2(1 Ih- lu Mrlriijiir chez Icx S;/riens. 

\'cis i\*', dix syTluhrs ( jj^^oi K .■^ •-ociS. ) • 

,1'iVL-ieux est raiiii lidric an iiKnin'iil ih' Tiulversité. Com- 
^plais-toi dans son amour plus que dans le parfum de la rose. 
,t^)nant à celui qui dédaigne son ami, au moment du péril, sa 
, faute est à jamais impardonnable". 

Vers de onze syllabes (ji-.*^ N-;-.ûû\»-): 

v:o^ ..^iûjLQ^ Jl ^-^9? ooi? ^?o "boisas/ 

♦ V-ô? «-f^ -t*^? )»^-? j't*^ ^ -901 

.;^ -2}^ ^VLjo jîi.oo<Ao 

.VûS> JJJo cmIs^ 1:û*.<^ ^Ll JJo 

.îNcD ^\ oo) J;û2) v^Jo jiol loiopo 

„0 sage, (juaud tu aper(,'ois ta tête blanchir, comprends et 
, sache que ton voisin ensevelira ton corps. Fortifie-toi, car ton 
„fils te perdra et gardera les possessions et les biens qu'il t'aura 
„ravis. N'accorde pas à ton corjis ses désirs, sans quoi il se ré- 
„voltera, et, comme un taureau furieux, il te transpercera". 

Vers de douze syllabes (|uXo) K. ;.on\ l <) j- 

. jjiô ^ ♦^ JJo lio/ .««n«Y> JJ JjÎAiDO 
. |:û.. \i,^ ^^/ JfcooQiD Ji) '") ^*^^J:b ^>o..' 
jxA.i^ )ooÎNOû>D .^ ,^vô JJ JjAQûD «-,0 

1) O répète deux t'ois cette strophe, à la tin do 143 /y et au commencement 
de 144 a. 2) O ^JO) . 3) L JJÎOO jco/ ^. 4) L OjSQu.O 

pour OplOu-JD. .n /. ^*^j^Jx>. 



lu- /.i Mftrii[ue ehes lea Sgrient. 27 

. liocD ^ ^ûci\ ' Nj^U.'.:» 000/ l»,-^ U20 

,'l'i)us lt.-> liitiiiiiii N x>.i.: .<-^ .w.u. • Il l'.ti.'liA iiiui<i voiin nVn 
,tit»uv»'r«>/ pas un stul t|ui vi'iiilli* vous aiil«<r ••iilri" r«'iil. lU jiin'- 
^ntiit t't inultipliuront li>.s snnn(*nt.s coiuiiu' lu Hithli' ■!•' Iii iiht, main 
,ils n't'ii vi»'iiilront jamais t\ li's ti'iiir. Fjun* lioiro «l«» r<'iiu im'-l*-!' 
,à de l'urinf r'«»st pis t|U»' (lonm»r du poison. Mnu'lit «'eliii dont 
,ractioii n'est pas ronfonne à la parole'.' 

Cette espf>ee adnu't quatre variét»'!S de fonnes. On pren«l, par 
exemple, trois syllabes quatre fois; ou l)ii'n quatre, eini| et trois; 
d'autres fois on place ces trois syllahes au coinnieneenient , au 
milieu et à la tin, eomme djuis ce cas: ({uatre, cinq «'t tmis et 
cire- versa, ou dans cflui-ci : ipiatre. trois et cinq, l'n»- autn* forme 
eût été possible en combinant deux fois cinq syllabes avec deux, 
mais l'intei-valle «ju'il y a entre cin(| et deux s'y oppose '). 

Exemple de ^•(■^ Viin-t-'^ )o\^, <^x qp.on. ,n' • 

,Ce temps troublé abat tout le monde connue \\\\ taureau 
.f'ininw. Et riche cl iKiuvre. il rrai)i)e é;:al.-iiirnt tout le monde*. 

.Vutif exeiiiiilr ( jLv-/) : 

.o^\ -^o W.p^ '"I l-^o Njo\ Ijcm\ )Ji:o 



0010 .Î^-U^i "• .^mi&oo p UîsAl .i\3V/ ixiJkc/ ^i^^Q^ 
Jfco.^o |-ji-.w^ .\.jD!i.jco ^) ts^!- Uju^^o-o U^^ o^ -^ 
[JIsiLo JAZ^Vjo .c»:^:iQja\o| '- . Jî^ilo fj^vje U<û- . Inm^o 

(') o ^CXij!^ fc^l^-Oi . h) O omet le passage suivant f O 



2^5 l^<' /" ^fi'frùjiir, vlic.z les Syr/eiiK. 

,11 cxallc celui-ci ci lui tresse nue l)rill;inie coui'onne, pendunt 
,i|ii'il iitiiusse celui-là et le jette duus lii fosse". 

Autre exemple (JL;^/): 

0)1^20 W2QJL <-2>/ LJ; ,jL»\r5o ^ \^>ov> 

„Celui-ci parie et tout le monde fait silence pour l'écouter. 
„Celui-là. au contraire, balbutie, par ce que le plus gi'and nombre 
„ne fait aucun cas de sa parole". 

Vers de treize syllabes: (jx^^O) K .•^.on\N\> ^ . 
. j;x) U'*^ ^^ )Q-^ o^.i.jLo;:io ^) o^\a^ ^/ ^ja^o 

«Chassons ce pervers, qui. ^lar ses crimes, déshonore rE<flise, 
„et dont l'audacieuse iniquité va jusqu'à se révolter contre Dieu. 
„Par son impiété il a nui à l'Eglise des Gentils, troublé, ému, 
«attristé et épouvanté ceux qui habitent dans son sein". 

Vers de quatorze syllabes ()ju,^0) ^^V^ûQXfcoV): 
.OMJL^ ^^^>>QX> jLv-SjL ^^ )Qy:^J ') )v^^ 

«La langue de l'homme sage ne sait parler que vertu et le 
«bien caché dans son cœur est plus précieux qu'aucun trésor". 

Vers de quinze syllabes (jix^ fc^y.CYiN^JiV^*») ; 

. j^wljCO ') |ûDQ>ÛJO jjL;JO JjCQJO ^ 0/ 

1) O IS^ j|:i>^CO ^ )oLi. 2^ O JLOA^ pour jJoi^ . 

.3^ L omet O0JLOV2)O. 4) O 145a. .5) O ^Ç^. 6) L j*A^- 

"i) O \iJio2> pour jûDQ^J. 



De lit .\fi^tri4iiif rhrz Ifn Syri^fU. 

,Au coinni»«ru«'inent des jour» nialheiiroiu du trouhif, «io 
,ra',Mtutioii et de la honte , les sots , les paresseux , les hoiiimvH 
,vils, mais superbes, posséderont la puissance; nu bien re seront 
,des lois, des «onstitutions et dos déi-rots rorr«)nipus qui porteront 
,:iii pouvoir les },'ens vils, souiil'N. > nii|i:il.l.-. .( s,,t>'. 

Vers de seize syllali.s ||xs^Oi K. ;.rp>\ ' K> ; 

.oi-^zi-A LkMZ) U^ U-,o ll-ooo ■' J^iz) -3-.* U-/ 
. oibwjuo ^ -^Xai o;'^>.o I ^cu 060 00 \iA) 00 
.cx\ ;2ul ♦o ^cmq^a U .^oo qx.^ oi»ii>>. . • . ^v> ^ 0610 

.ch\ UûDf^ 4)1^ -c!^? U-/ 061 ^ )o»:o -a^-3 U 

. 0)L»«'^\0 QJAQÛD ^ oO^ w.'«2b Jo»l CHAX5 JL--3 JJ 

.,Ci;lui ijui cnni.'M! un iiuit.> mi une t'.i.->.-.t' piiiir tciulrr un 
^mauvais piètre à son voisin, tombera dans le trou i|u'il a creusé. 
,pend;mt que son voisin échappera à sa méchanceté. (!elui r|ui 
, bénit son prochain en face et qui prie pour lui. tant <|u'il lui 
„plaît, ne ditiere aucunement de celui qui attaijue et maudit qui- 
, conque le hait. Celui encore i[ui répond à l'insi'nsé, .suivant sa 
„folie, ne diflere point de lui. puisipi'il l'irrite par ses actt^s et par 
„sa conduite". 

Vers de dix-sept synal)ps (|Ai<^ l!^;>cn\!!!OUL} : 

. )l5<^j- \oi j)jV 3\Jlo jNxCJQD \o ^oL ^\ ^:^^o 

. |fc\J3ol |J? ojij jn-JJ fco/ "^^.'.boo Jojo 

,Lisez les Livres avec soin, car il.-> vous <,«)mniuni(|ueront 
„rintelligence vraie des choses. Repaissez votre esprit dans les 
^prairies des Livi-es Saints et vous trouverez toute sagesse. Tous 



1) O )v2. 2) O 145* 3i O AÎJ. 



']() De lu Afrtrifjiif rhr,-: len Si/rienn. 

,k»s secrets vous sei-oiit révt'^lés et vous apprendrez les mystères 
Jit'. toutes les sciences. Déjà la voie vous a été tracée par les 
,iuiiiens qui l'uni itarrumnie. Attachez-vous à leurs traces, et 
.vous arriverez sans obstacle là où ils sont pai^venus". 

\'crs (li> (lix-liuit sylliilirv ( jx^^^i \ . ;,nn\ fsiV)l ) • 

.);jL )a\ liJÔDo )•;.<=>». |j|i3\=i Uolî^î. ^ ^J^vi? 

.('r!ni i|ui fuit les disputes lia1)ite dans dos poH>, puisi1)les 
,et trantiuillfs. Celui (jui s'éloigne du mal. dt's disputes et des 
,luttos trouvera le repos". 

N'ers (le dix-ncni' syllabes {|ix,^0) \ . ^-oriKa I • 

. t^-^io )a\ liou./ jLwLo j^2>i Jlo-^? |2))*.j p^ ^ 6/ 

.0 Enfant, (jui as aimé et chéri l'impétuosité bouillante d'une 
, molle jeunesse, regarde dans la tombe, vois-y ta propre personne 
,et reproche-toi ce que tu as fait". 

Vers de vingt syllabes (Ix:,,^©) K^i^', or>\ ) : 

. ^^j ,^Jo Lcx. J3o jjfc^QTiûDO Jy>.o.. .juJj JJio .:^ 

, Douces sont les paroles trompeuses et mensongères des 
„honimes fourbes; mais, quand on les prend pour les examiner, 
„elles s'évanouissent conome des eaux qu'on a répandues. Il vaut 
,mieux écouter les paroles même piquantes d'un maître intelligent 
„et sage, que celles d'un méchant fripon ou d'im sot, quand bien 
„même elles seraient agréables". 

Nous avons donné en passant ces exemples des dix-huit espèces 
de mètre, afin de seconder les efforts de quiconque veut connaître 
les gem-es de poésie. Mais il est nécessaire de savoir que les 
vers sont simples comme ceux que nous venons de donner, ou 
bien redoublés. 

Dematidc sicù-ine: Qu'est-ce que le vers redoublé, et comment 
diffère -t-U du vers simple? 



1) ''' |JU2^. '2.) O uca. 3» (> ^^\aj.j. 41 L \l^i. 



lie lu Strtriipie rhrs U» Sitri^ i* ',\\ 

lit'jtntiMf : On iii>|>««||»' v«'rs n'*|oultl«- cf lui ^m .l'Iimt un»- -• 
:iu niilitu cU«s »'liin«iits, nussi h'wn pnr |i« |Hiint «lu'oii v |«la. • 
pal' !•■ sens. Alors il si> coinposi* ili> (li>u\ in'in ' ' 
int'',i,'iiux . relit'S à lu fin par Irs Ai-'îa/ha. {'< 

sini|tlt'; car. *|uoi(|uo i-i>lui-ri adnii'tti* un n'|«.- 

l»i«'»ls. pour plairt' par le rytlnni- à l'auilitour . «••• r«"poH m- \ . ; 
rt'pcndaiit jusiju'à autoriser l'inteiiioHitiun <lu /'ijiw. »«//»< i. I.- -• 
nVst pas dirt» lent et c'est pourquoi chaiiui* vei-s adh^ro A celui 
*|ui précède par la prononciation coinuiu par le sen». On »<• 
honip i\ arrêter légèrement la voix pour produire l'effet liannonii|ui* 
dont nous avons parlé. D'ailleurs, dans les vers un peu loiiK>'f l«* 
lecteur n«' peut soutenir sa voix, sans prendre de temps en temps 
le repos «|uexi«îe la nature. C'est ainsi, du reste, iju'un jardinier 
fatij,'ué et tirant de l'eau d'un puits profond, avec un sceau, sent 
le besoin de reposer ses bras pour renouvcli-r un moment ses 
forces épuisées. Connne exemple, nous citerons un ven* double 
de six syllabes, c'est-à-ilin- , ctinipi»e de deux fois trois syllabes; 
soit le suivant '): 



jm^'n^rt^/ ÎS^AiZJl ' ' -Ol .b\Ji^i JîSSuSl^ Jî^^Oa^ ^JOS) 

^V-CDjfc.-^ Jlis>o/ JloLj^o ^-^î^ 6/ )o«_:û_ii ^Q_*.? . UiA^:o 
^i .-jN^.-jtSi tso\^^ "' \^^^h^ rP r? ^"^ •A^^*^ 

J\\>f> ^d J\f^ v>«\ JJOJLO Mpl-? yV^/ UL«^? ^Ol V-lCYl^ U^ 



;}2 i)'' If^ Mi'lrùine, chfz les Syriens. 

. w.1-.*jlI JJ . ^-.X5*_J0 ^o 

. UcdL U . ^.^V ' I p:k\o 

vjiÛDQ*! JJ>OJ jiZiJo 

, Seigneur, ayez pitié de moi et inclinez votre oreille à mes 
, supplications. Exaucez tout de suite ma méchanceté et ne me rejetez 
„pas. Non, ne rejetez pas l'œuvre de vos mains, Vous qui êtes 
.pk'iii de miséricorde, Vous qui êtes un Père plein de pitié". 

\'oici encore un autre e.xemple de vers où trois syllabes sont 
combinées avec sept -j : 

,.3'ai peur de tomber quand j'aime: je tremble de m'allanguir 
,en 1 n'attachant". 

. JioL'^ ^u ...i T^ fc^i-icn) ^/ . I^iojlioo v-^/ |j-**ûri ..v-SûJo 
jN-^œo? U^ JJ? rP^h r^l ^oL V LwiojLjj jlo\>ncY» Xf> 
ô^AO ^j Vs^ |r)> }CY> .JLqi.^i>o JJj Jfc\» ^o) wJOo)--L Jfc^n*V/ 
■ l^ ^ |2)i JJop J]!sû.Jûi jijzi ^1 Ki^Jv:^? Jjp/ ...^Uj 

O^ l^h^ .--^l^J ^J / ' I^OO/ :JN^ ^\^ Opwij OO) JQ^JÛD 

jK-b^NjL ^\x )o.CYi> •♦x>|x>l Jfc^a-Nz)j ^Jo V wOjoiV^ 5" |IJ. 

.)♦:/ ^/ '• .J_2i_DifcOO |Xs^ lî^lo /" jliikl ^j ;JN0>.0)A 
3' (> \} ♦Ol. 



Di- /•! Mrtriii'u chez Us Syrimta. 'X\ 

^oi UjUiàx)o Uj*j3Vioô| UL^ iooL* ""^^^^ .cx\ ^j L» 

jxs!^^ ■ j^QZi jJio ' ^6oi |!k2iûDo!- Ui . O-gY»-»? 3PboQÏ,. y\Ol 
^jfcwQjt^V )Q-oû-j N_.|pii .>.7«i o>-^? .),:;ij )o^ ^oqxj/ 



1. 6> )fc<^..ji3 -O) ^ jts. g> . ^ \ • i' ^^ < >' : ^» 



'.i) omet 



ce p!Vss.iKe. 4, o 147Z; ^. '^ ^OO^J . '- I- ''•' « ^' ^ "met 

le doluth. 8i O ,^i)j \^. '.'' ^> jN-Ji-œo. 1'" ^>' ^? )?oi. 

11) o 148 a 

Abhandl, d. DMCi VII. 2. 3 



34 !'><' Jfi M<'-tri<iiio (hes: les Syriena. 

^i>-i jpi^ •. jNxjo \^.s:iML. JJo ^♦j/ •v<s^? P^iûÂ^ |x^ocY>\y 
oA.Jo av>Dl/ '■) ^ ^? ^ .jUziJ }jW ^ 6/ ..r^pvjo Jis^j 
*") .JN--Qjixiî>. )o-jaj o;-,p JJjo o;-li^ jjjj'j^ >pfcoD jj^Doio ♦jNtvO'^ 
. JbwjLQîDj aoj ') >$o^^-.j Jûûoq^vûd/ vÇoj\rà^j ^JLL )oi w.^- 
>^ \ o 1 •-.io |-x>^ Jcûr^Q^vûD/ ♦- "^ . J*>û^bs!oj jl^jo |^2)L 

.3/ ") ^Ol ^ v^S^? vJ° -r^'^ V^° ^r* V^ .©♦OO J^XJO^") 

. ,^0)^D JfcwjtQio ^jj. ^*iN_j? j-jb |>û:ii J.a*>DL JUJqjl 

'^) . ^ j.-a.i ôilsj \sA .6^ ^A.^CY>i «D J*-^d^ ^'^) .Jvûûxfco^l 
|\:sVjo ^vûû^o JJiKS.liC^ rpVûJ? 1^^/ .c>)L-;2u. JycYtvi^jt N^ ^o 
J*J^D vjir^oi ^1 ^ôo) vj):^^ Jiû^cnaj/ 'M ^ôo) vço^j .jitj/ 



1) O omet le mot précédent. 2) ici. 3) O J Of> '>ft\f c>J-s 

4; |:û-«jd Jio)1 oo^jjo. 01 <'> ,,^ûdq>dqa,^. 6) (t Qi»jL/. 

7J fV 148 /-. 8) O )OJJ ^1 «1^ Jfc..-^Q^. 9) O ^0»\-1 . 

10. O jN^xo. 11) O fc^jj ^»jjo Jûûoq^ûdJj «OJQ^ îNd ifcôo 
otfc^ijo )a5kw. 12) 6» J;{Yt\iY>l.. 13) o ^o ,-uaA. 

14) L 69i. 



D<- la Mrtriqite rhez Um Si/rirm. .*Jf) 

.. ^1 jtoo^io ^ . U>1^ UiîLo ^Njl/ • . ^ooi ^^ ,^01 . 6i\.i 

. jNJiLJo ^îs\l, )Q:iwO I ^i^jLJo ll^ûA^û^ vOCh\:d vpoouo î^^tOli. \ijv\ 
>'^CY)i . >9>\>.iiii ch\ ■'i vSulI Jj-;^/ y^jtià- \!>a ^/ ^^/ 
JJ-N2>j iojLO . i-QjLi inÀ? ijp/ " ' . jfcoooo-^ o^^is^/ ^01 ♦o 

JiljQjL J-Q>^2» 6/ . v^/ l:^-;x> ^1 jJiijL •. IjlV^o |jcujdo Jbwici\ 

« 

4) O^^J I^Ji^ wfcOO/. ■" O ^ ^/ . C, /. umet ce qui e.t 

entre parentl.èse. T. O )a_l . ^' " -V-SLaL . '' " UX) . 

10) O jfco-ojLX) «ojob^/. Il; ^>' i^'»^' '-' Ui^-^-ûdU. 

13) O jj. 14, L iojbOO. 



36 Dr 1(1 Mi'ttiijiir chez h's Syrienn. 

. |l^-Ji..o^o JI!s.Ji..^L ^ •. o>^? Jî-V«/ jjQJLO .-Jjx,^ -bk^A^xi-o 
^ |^o*»>D -.ô^N,»? ^j jjaJL .Jliv-juXi-o jN^y.cx^v-^ >.tYi'^^Ui 

iLi^^ fc^.a.JOL ^ Ul'AX) . )i^>;^ ') K^\C£l^ wO)0 . «wJs^^^Jt JJi 

^jj .M^^-o jtoVoio -Voi.) . jNo^.o>\o Jis^-^a9> JN^jlo>o^ 
y O^'t xi^O) ^O ^VL jilJJ )No|>D»JO |joi ^? v^3N» . JN^.-jl2> 

Il o JhoU. 2) L \*X.>dI. 3; o omet ''^.OOJ . 4) O 150 fl. 

ô) i. 70 a. Cj r; omet Jix^j^ . Ti A K. f,-Pr.\ 8) O 150 è. 



/V l'i Mi^triiiur rhez /«• Si/rtetts. ;^7 

J2)< ^i y^] NiCiV/ ^oobv^ \^ ,ç.SL2iiioo »o;» vûjoi . Ulc U»/ 

Ik^ o/ lJo \ ri \ •. oi\ >clANx> Ij^q_ûd ^;» 60 . Uo )or>> \ 

jî-olb -Uq^ Ji^o/ iLbl)? boLO oN-/ 11./ U^M.1 ' UoU- 
^ oovj/ ■'! .Joî^ )a.l^ vQ-/ 0/ w^ JooiJ U-CiJL boi •. It^o/ ^;t 
6/ J^-^ 6/ .->>CY>V)\ b.l- ^U 0/ ♦iii.* 001* i2>0.3 \;^* •».. 
OOmJo .fco/|ii Ifcoo/ )l-C5Î.b? Uirj\o .\^:v ,.o^N>.L ' U . ij-^)i 
6/ •. I^QjûSi lAîba^? ooujo •. ^* ioo .♦-.\:v:i. 0/ lU^-^^ ""^^ 

v-.-^!./ )^K^ 0/ )r- Ujûa^ "' «^ N-/ vlo 
ocM— ^? u .)?il J!.'oL|2i ^00 ♦r^ x-oo? bo/ i::i-, ^)o 
. jv.*:»»» jooil. iooo . )voi 0/ -Z)i? ' IcA ;2i^/ •. )iL/ Ikut 

.oïLQiD»:^ .0)IclXi wOi .^/ o,;2> ♦^ \o. : ^pÎM vY>..N 
jLozuûQj .^\*.qjlo '-I .oiloiN-JO .oilS-^^l .oiIqjd/ .oLoaiT) 
. ou-q::> .OM^i .CHxJ^. •:• )-,33)fcoDi jjoi ^/ . )Lol.|_2>o ILqjo 

1) ^j )axcLIsj j-JV». 2) /. JJooU-- •■ 1^ lA-^i-/. 

4) o 151 a :.t o ..met JJ . 8, O «ij . 7, O ^U |» A . 

13) 6» wCMO^/ . 



QQ Dr In MHriiiiir chez les Si/rieni. 

.o\\2)/ .ot^SiJt .fc^^j;-/ v^O)-q\ .v-o^joi .^O)^-.^ . jio) ^/ 
jioi .^/ -.^-^ Lq\ ^? )^^N^ ^ vOi;.ûd/ .oi*_a./ .c»;_>o/ 
.(j/ i^; .jb/ Ixcv . (j/ Ki -^-^ .v^oioaii >loio\o>>. wOlQ^2)/pj 
^/ .>,Lq^ .^? ij;^/ ^ .N^iV -t-^/ .fc^^V t-I^V-/ 
LoX .,^1 ■) ^.lio V «.jJSû>^JO .wa-\2)/ .wOJk^ . w.A^\? I-Jjo) 

.^^ ."^£1» ."^iûj ..^01 ,^/ .|i...\NftY> 6/ jjcuûS) ^j 
^AOli^ w^iL/ . w.aiL/ .W.2ÙL/ .w^l/ ---4)/ '^ -^^(^ 
jLo\..<^«.\^^ .|y Wjs^\) .W I^^W ^fc^ .Jb/ 1:0 .IV 
. U/ ^jj . Jojiojt ^ ^^ ♦o 3ou:o|2)|^|jo )q^ ''') ^Q2>\=i --.ju-L/ 
') . JopQjL )a^ Jopûi:^© ^1 |j:doi •:• j^-..-^ JJ |i3..ûq:oo ^ JJ }ji.o 

v^pQXJOo/ ^pqxjq'^ •'■NçfP "^^"^ .|jaiW jûilio. .Jio:^ 
.^li.A>D jfc^;-/ JJJ5 fcoz) )ax ♦D .• JLq^Ujl»\ ^j ^ ^061 

«A^ .wi^x .^1 .^j .^^j .0^ .0^ .0^ .>Ac» ^-/ js»!*. 
JS. .liooo) fc<-.oo) .N-oo) .joo) .joo) joo) .op) o»^ cn^ .sAi. 

.jLa-L;jaDj jjcLo >^/ ^01 «^jjo V'>;s. x:^^ vvO)Scy>v> ^0^10 



n O ^J ^ ^. 2) C^seul. 3) O t>ft ■ 4) O 152 a. 5) Z. 70*. 
6) O ^P^^ÛdISoS/ . 7 > O )0_^J )Q:i JJAQCD lOfXUL , sans j*:^. 



/'. /" \lrtri,,ut .h,: U^ 



M'» 



.^;^A>o .U^i U-i .^^)L .^.u .-»--/ .-^), ..r>.»0) . jo^aji 
.w^V ,-1 wJûjo .Jui) .^Oi ^/ 'i .^oL ^;» J^j^^js . -^^~ 

.^Lo/ .^lo/ .-^o/ ..ZijLo/ . );»oi ^);» .^;» inXojL» •: )ooi 

, J^Qjt ^ço^ vOnoi jcHX)QjLi yAoi .î^ljb..^^ •;>^;_9L/ ^»l^jt/ 
^ ^1 6oi . ij/ ^ ^ 001 .\iAx)i ^oi ^/ . iM^;2> ^? Udocd 



1) L 71 o. 2) O .^\ O .. Y) O - ^' l?Ol -^-/ ^?. 

4) *"> JQ-^/ nQ-O/. 5) (> met In mot procrdeiit a I» tin ^t lit: 

fcjO*»»!./. 6) 153 n. 7i C jLio^) . ^' '">' x^r®' • 



j() Dr lo M/triqiip chez 1rs Syriens. 

,^|» .^6, .\^> .\îis^ ,\^) .11-^ '' J)-Q^ V Jl-r-JO»? 

..^3 jLaoND:o2> .-Jv^ ]\^^ t^-^?? >^>^^ .b<-.J)ioNjL 
. icHjb . M-6 . i|6i . ^1/ ^^/ . -o .00 . Jo Jo)=5j ^-/ ^) >ço)\o 
.^Jl ^\^? \iAi ^fc..w^>D ^^Oi»j ' ) io»^ .^^ .ijl ^) .^oijl .i|i 

. fc^jô/ N-joNjl/ . ^oi ^-/ •. ^ )o-^û^? • -Si^-Ji» o/ '. )Qt^><v 

^/ •. ^j v9>\»>>oy . J ^ J ^^^ ^a^^ . ^VJt . «N»/ li<>D|o 

vjwpl Jw-iûo J;-.iiJt .J;.j*, jv-^i^ 
. iLoL/ wO) |:a.ûDlfcoD ^*i2>) liCiLo ^IVl? ^O) .fco)j.JDL 

.\^a^2) .|x3o;ri:o . |>ûcq>dcûîd . |cociûû^>o ( )ûD;ccviD ") . |»^|» 
•^^^ •'^ïsKJ^ Sf^ûD .\,^^ .\^2iî^i> .\^:iiii .\^û\i) 

•♦2)3>D IS2)N2iX5 •*) .'^'^^ *\'r° •♦■'^♦^^ .^V2);» .jD;j3V» 
.}jOCuà>D .3^v55^» .a:0aX3:0 >Jl^^^ ^") . Jp JQ» \vO)\Q)>0 

I) () omet le mot précèdent. 2~l O ^Q» . 3^ O 153 &. 4) L 

vÇO)\r>/. ôt /. iojjL. 6j C seul. 7) O seul. 8") O 154 a. 

Oi O cunticut seul le.'* troi.s mots suivaiit.s. 10) L 11 h. 11) O omet le 
mot précédent. 12) O ^.S^O . 



/»»• l'i Mrfritpif rkes Ira Siftirns 41 

^ûij/ ^^_» *a^A 1. ,. ^^ ^oi \ -) .>.I...ûd:l ■■■^^'^ 

^a:5o .CHJûSij jLoV ^IVLo ^♦ûû\^ ' joi^aX w^v^ -2)/| 
, 3Ci^ JloL/ wCM ♦o ^oi . Ibv-o:» o^-;» p ot\-? ^>^5^^ ■*"' 
J**^/ 3&-^jo Jyoi l-:^-, ^/ jl_j/ p\i l^ri-jj |N-3/ ^ch-o 

..)CUjb/ JICÙ-^ JJy>\-^0 .. >2iCD/ )0*iC )0»2) .^a2)/ l^o ^? îsj' 





1") ^boij 


I^o 




J. o ^^./ 


x^oCs.^ 


;5i 


, r> 


on... 


. o/. 


4^ 


O 154 A. 


5> 


waxiitjj 


6) 


RJ-iUtC Ir 


•s trois mi 


nts précf 


dent» 


7) 


,^JoCi.. 


Ri 


o :,oi 


-^ 


Oi O 1 


155 r/. 


10) 


/. 


o>=i? 


au 


lieu de )o\qjOJ . 

















42 l^>' /" ^f''lriqtir rhrz les Sijriens. 

,i5o/ •. ^ Al v^lioi ^^/ ^ ^1 j;jt/ .U ^Jo .^^iujoj ^Jo 
•:'^ -) 001 h^/ \h>\^2iM. jN^o-L ^o^^ ^jj 

wswûDo . j;x)jN^ jN-J';**/ )oa ^)^j ^p .ô^\o ^) o^i» ^ ^:^p 
'■) ^? ^/ . |jQ-j |j-cA:d . |xu. . jii^ .• )♦.:/ ^)? . Iv^^s^? j-oo) 

. j . j^zs juj/ ^\^ liojjiiiQib W v»/ 

Ces exemples font voir comment le mètre simple diffère du 
mètre redoublé; car, si c'étaient des mètres simples, les hémistiches 
seraient distingués par la prononciation et par le sens, tandis que 
dans le mètre redoublé la prononciation réunit les deux membres 
pour former un sens complet. Nous arrêtons cependant un peu 
la voix pour rendre le discours plus élégant, plus cadencé, plus 
rythmique. Il aurait peut-être fallu citer d'autres exemples pour 
éclaircir ce qui concerne la Métrique ; mais, afin de ne pas manquer 
à la brièveté, nous nous bornerons à ceux que nous venons de 
donner. 

Demande septième: Comment pouvons-nous faii'e des vers 
n'ayant ni plus ni moins que le nombre de syllabes voulues? 

Réponse: Nous devons adopter une certaine fomie et modeler 
là-dessus les pensées qui nous viennent, sans rien ajouter ou re- 
trancher il cette forme, quoique les syllabes et les raesm-es ne se 
prêtent pas toujours facilement au mètre. Il est des mots qui 
quelque fois n'ont pas le nombre de syllabes voulues et qu'on croit 
cependant réguliers, parcequ'on ne fait pas attention qu'il manque 
quelque chose au vers. D'autrefois , ces mots longs et dilatés 
empiètent les uns sur les autres et le vers paraît encore boiteux. 



1) <> JL'ÔL/ ^CHAio. 2) o jooi W- •■5) ^ oôp. 4) L 

omft Op». b) O ^ ^J , 6) O 155 è. 7) L 12a. 



Pr la .\/''triipir fhet U» .*>t/hrm. | ; 

Il faut nous ciVmt iini< foriii.' uii un nuiul». . au moyi'ii clui|ui'i 
iiiius puissions ronstitucr r<')^niii<>n>in«'nt nus v«rH, «-n huivtuit U 
lifinnn rt'^U'. En lu cherchant nous trouviTims le rythme pro|trn 
à n'importe <|U»'ll«' esp^cp iî«' vers nous auron» choisie. Kniuito. 
nous formerons notre plan et nou> disposerons nos ifh-es. Tout 
d'abord, nous essaierons notr»- po»si«- sur la forme «onune »ur un 
nu)ule. Si vous connaissez hi Mrfrû/nt- vous n'avez iju'a suivre 
exactement les r^gles dans votre couiposition. Si, au contraire, 
vous ne la connaissez pas. revenez aux éléments, aux syllabes et 
enlevez ce qu'il y a de trop, ce qui embarrasse, si vous le découvrez, 
comme aussi, comblez les vides s'il en est demeuré. Quand on u 
trouvé un rythme déterminé on n'a qu'à y plier chaque pensée 
comme à la mesure j^arfaite des vers. Ne le poss^de-t•on pa-s? 
Il faut s'en fabriquer un, en imitant les autres, ou en le constniisjuit 
sur les rythmes de ceux (|ui ont passé pour réussir dims cet art. 
Par ce moyen nous amverons à faire des vers, ni trop Innj^'s . ni 
trop coiu-ts. Voyez, au besoin, si le rythme adopté cxiffe bien 
tous les éléments des vers, et puis, construisez sur le premier 
vers toute votre pi^ce en ornant avec élégance cha(|Ue strophe, 
qu'il y en ait une. deux ou plusieurs. 

Dcmnvdi' hnifo'ine: A quel chiffre peuvent .s'élever chez nous 
les diverses esjièces de vers avec toutes leurs variétés de forme? 

Tii'pnnse: Voici quelle en est la somme: D'abord, il faut compter 
les dix-huit mètres simples, et, conmie on jieut les redoubler ou 
les accoupler aux dix-sept autres mètres restants, on obtient trois 
cent vingt-quatre espèces, qui ont chacune de nombreuses formes. 
Voici comment: chaque espèce de vers simjile se combine avec ses 
formes propres, et ces foiTues atteignent le chitiVe de soixante-huit '). 
Parmi les formes composées, il faut en retrancher trente->ix parceque 
chacune de ces trente-six reparaît. Puis prenant les dt'ux cents 
quatre-vingt formes, qui se modifient en s'uniss;uit à une forme plus 
longue ou plus courte, vous n'avez qu'à mettre au second rang ce qiii 
était au premier et au premier ce qui était au second pour obtenir 
560 formes, lesquelles jointes aux trente-six précédentes amènent à 
six-cents moins quatre le nombre des formes des dix-huit premières 
espèces de vers simples dans lesquels peut s'exercer un homme. 

Si on veut enfin compter les variétés des cinquante autres 
formes et prendre les formes composées, on anive à des milliers 
de variétés qui paraîtraient bien nombreuses à celui qui voudrait 



1) Il est difficile de deviner ce fiuc l'niiteiir du tniifê do métri.|nf entend 
par les noixante-et-huit formes. Le p;i.»a^e ^uivan^ <\<- T'i- rf >!• t..^, itf ii. 

léclaircit pas d'avantage: j-.V npr> ^ ^, fi, A< ^/ jL|:;,wCD jlS— JLQX) -J) 

f S-tV> >00>\ ^1^0 V\JlL jjjo . ..Les Syriens se servent de très-nombreuses 

espèces de vers. J eu ai compté moi-même soùcante-et-nciif." 



^ Dp la Mf'triqup chez les Syriens. 

les compter. On appelle forme ou Eskimâ le vers qui se mesure 
différemment sous le rappoii de la longueur. J'ajoute scni^ le 
rapport de la lonipieur , parcequ'une jambe droite et une jambe 
tordue ont toutes les deux une coudée mais non pas en hauteur. 
\-u que les lignes sont diverses par la forme. 

En outre, il faut savoir que chez les Syriens, on compte 
soLxante-onze mesures simples de Mîvirê. Quant aux mesures 
composées, elles sont très-nombreuses. Les jfc>^QLi. Oini'ïntha, 
Jt nici Quanoiiné, JnV^ y> Madrâchê contiennent des mesures com- 
posées, des demi-mesures, des syllabes et des vers composés. 

Il est bon encore de ne pas ignorer que le vers de quatre 
syllabes, si le sens n'en est point troublé, peut s'unir au vers de 
huit syllabes, de même que celui de cinq syllabes peut s'unir au 
vers de huit, au cas où il n'en résulte pas de confusion pour la 
pensée. Pareillement, celui de huit syllabes peut aussi s'unir au 
vers de seize syllabes, pourvu que le sens des mots ne devienne 
pas pour cela inintelligible, comme dans cet exemple: 

N'omettons pas de dire enfin que le vers de treize syllabes est 
composé du vers de huit syllabes et de celui de cinq, ou bien de celui 
de neuf et de celui de quatre. Le vers de quatorze syDabes est 
composé du vers de neuf et de celui de cinq, sans aucvme variété de 
forme. Le vers de quinze peut être constitué par celui de dix et 
de cinq ou bien par celui de huit et de sept. Le vers de dix- 
sept syllabes comprend le vers de neuf et celui de huit. Celui 
de dix-neuf comprend le vers de dix et de neuf et n'admet aucune 
autre variété de forme. Le vers de vingt syllabes résulte enfin 
de celui de huit et de celui de douze. 

Il est encore un autre gem-e que les auteurs emploient dans les 

j'^|2D Mimrê et les JK-V om Soughiatha, et qui se compose de 

stiques divers. Par exemple, on emploie ensemble le vers simple 
et le vers composé : on mêle les longs et les petits. Ainsi on 
prendra quatre vers simples d'un mètre et on placera entre eux 
un ou deux vers d'un autre mètre simple ou composé, à petite 
ou à grande mesure. D'auti'e fois, c'est le contraire qui aura lieu. 
On prendra quatre vers d'un mètre composé et on intercalera \in 
ou plusieurs vers d'un autre mètre composé ou simple. Ce genre 
se divise tout d'abord en deux espèces d'où sortent cinq variétés. 
lesqueUes se combinent entre elles de quatre façons différentes et 
produisent vingt autres variétés. Nous l'appellerons du nom qui 
semble lui convenir ^lf\ft\ •EqiwJ^vMâ ou j \ ^ -^ Hégh'mnâ; 
mais, co m me il en coûterait beaucoup pour l'exposer, nous n'en 
dirons rien dans ce traité. 



Dr Ui .Xfétrifpif rhrz Ut Syrint». 4;') 

JJciiiUluU nfuiu'èiiif: Quelle est la Kii h UquuUt* sont 6ouuii»«s 
les lettres ariaf/m ? 

liéponse. Pour ce (jui rejrarde les lettre* ttv'tatha , voici 
le cheiuin (jue vous devez suivre, ô frère, ami d»- I>ieu: Que voa^ 
jiarliez à l'actif «m au passif, <ju'il s'a^nsse de v<>u» «ai d»*:» autr»», 
ne changez pas soudainement (vntre miinit-rt- d»- |>rc.c.d»T(. t<iut4>H 
les fois que vous employez les lettres nrîti/Jm. Fait«'* de niAm«. 
qu'il s'agisse d'un on de plusieurs, que vous |>arliez à l'inipt^ratif. 
au narratif, ou au déprécatif. Allez toujours jus<ju'au moment où 
vous voudrez changer la lettre. Faites en antiuu lorsijue vous 
employez le laudatit et le vitupératif, et o|)érez, si rela vnus con- 
vient, sur une ou sur plusieurs voyelles. 

Que si vous voulez continuer à vous servir des lettres 
ac'ïaffiu. quoique la voyelle ne le permette pa.s, pas>ez à une 
autre plus grave ou plus légère et vous réussirez. Tout cela 
deviendra plus clair, lorsqu' on l'explitiuera par des mots bien 
choisis. Par exemple, quand il s'agit dune seule personne, (on 

ditj: o»Lc^, ojLoîop, OfLoa». ojLoa/ . o»fc<*xiL. oiLo^boJD. 

Lorsqu'on veut cban;j-fr. à ]a f..i-. 1-- t. .y. 11.- <-• 1— l-iTr.-. -r. 
dit par exemple : q ^ i . ^ , . ovx^^ . cxi-Q^ OJ.a^ ou-ojO . 
CH-i— >Ol. O) \ .; «. . 11 .iirwr.- ^OOj-^. wO»0»iiJ. wOlOil^. 
wOiO-^l», -Ojdi». wOjdSJO. .S';i::ii-il 'lu ■ ;i- .ii r.i.Ti..ii pu-.. 
de l'un sur l'autre, on dit: ^cx-.-.JC . -OvOD» . -.OuQ\. "U bien 
r>^\o>> 0)\2>/, Oi'*^/. 0)«jl/. OiVC»/ • • Sagit-il du cas où l'action 
passe de pluslems sur un >eul. un dit : wO)Q\S/, wO^oX^a «OfQSyi; 
(on dit aussi) \i/ \^^ ^. W \^.^. U/ l^j- "" -«uî renient 
fc<-XiL/ \-^' ,/ t^-IiiL) . • • Quand l'action passe d'un autre sur 
vous, vous dites: f \< «oj^^. «-a^>2>/. ... \\n\ o. •">! elle 
passe de vous dans un autre, un dit: o»^Y>.a/. Oïlv»/. OibA.?. 
O»\-ij0 . A l'impératif et au naiTatif on dit : ^ij^^xx) . ''^li»::^ . ^^^ 
\^j. ^J »!./. .-.SuL/. -.Si^i./. ^^'^J. W «.aADfcoD. 

de facilité, on peut employer les phrases affirmatives avec les 
plu-ases négatives , lorsque les mots vous y forcent par exemple : 
Im^^ il |jLO, h v^ jJ J2i-ÛD». On peut également, dans les 
employer des noms d'action avec des noms d'hommes, conune 
a>oaa-^o/. ^©^♦-jo. J»Q2w. I^oci^. lû-N^. lûA-/. 



mots, 
ceux-ci : 



1- SJ- 



r vàijtïiii- >— >_ O^ ^« ^ 

V't^ >j^ >j: c^j: ;.> ;•> C'C* i' 



>-jr .;o- 



Ib». l-y, ^iC.:: i^^:: _>> :> - . '^ sl _ - .^j^c 
^•r^. «Ctf- -i-^ c;^. >e^. «c-» - a»-/- !C-.. . i- 

^g^y.. !i^fl^^. ^acaon^. 

±ii; lîTfisîSîmf IBssi iraaoŒŒ Iks si ' _-".-- i-zz: 

aSiitâf . TiTtKH- .Ssas '^œï îsas .Slfâmr-^ •• ■-- - - " ^ \ ;^ -^m pïwt 

« jii* ^ -^W.» 'àmE TïtL T-tHin il* j fv*w»r> -a 7iz ' : - - . ^ . Yie»- 
TtfïTT; tffîBXÊtié- les' «saiEfte tnûmiimm-'is. Ij^mme^ sms «sac-â-irâc 

^. 'ântiTtkHiitf li^t T-ïiïir - -- «li mwam i iiifiiiiii mil ie«K- 



47 






4e rjfBtre »c' 

. go i XAa . liAi.. Ji-^a^. Iv^^ WL.L ..iLT ^. 

U Trots fob. OlTIMf MB »&<:*ÔeiÉ;. 

' ^ bcjcj: Isjcjc jc.:r.r ^-r -.^ - r- 

.a2CAX30. ^"A ^'j *^^^ *^Oû2D. i^JD. ^^A^JD. 

_ .,_^ J_^.. . . - - 



die les - 

s'ea s«rr- 

:&îx irrarr àsKS ie Maàrâ^^ saôrun : 






iu De lu Mririqiic riiez le» Syriens. 

l'iicilc <le iilttctu- les lettres av"iat]i((, au commencement des vers, 
iK.us avons fait nous-mêmes quelques essais et nous avons vu 
^-gaiement cjue beaucoup d'écrivains avaient réussi dans ce genre 
de composition. C'est pourquoi nous avons jugé devoir nous 
abstenir de faire des citations. Nous nous contenterons de prendre 
(juelques exemples choisis avec soin pour ce qui regarde les lettres 
ar'infliii placées à la fin des vers, afin de faire comprendre quelles 
sont les finales riches, quelles sont les finales faciles à employer, 
quelles sont les finales difllciles, pauvi-es, quelles sont les finales 
belles et quelles sont celles qui ne le sont pas. Nous commen- 
cerons i)ar ce qui est plus facile, parcec^ue nous en avons de très 
nombreux exenqiles entre les mains, /y' 0/«/' est la première lettre 
et la plus facile à employer, parcequ'elle donne toute espèce de 
richesse à la langue syriaque et qu'elle engendre toute beauté et 
toute noblesse. On emploie l'Olaf vers la fin des vers, soit seul, 
soit quelcjuefois avec d'autres et c'est alors qu'elle est tout-à-fait 
agréable comme dans: jii^j |aa^, |x.QÎi>2D, ijQ-j . Du reste, toute 
lettre qui, à la fin des vers, se prononce avec sa compagne est 
plus agréable à articuler. Cela sera plus clairement enseigné, par 
les exemples qui viendront plus bas. Nous dirons, en voulant 
louer un homme et en nous servant de l'Olaf 

,11 est beau comme un paon, vaillant à la gueiTe comme un 
cheval, d'une intelligence pénétrante comme une gazelle, innocent 
comme une tourtereUe, doux et simple comme une colombe, rusé 
comme un serpent, intelligent comme un éléphant". 

C'est ainsi que l'Olaf figure seul à la fin des vers, mais il 
s'accouple aussi aux autres lettres, et alors il rend la finale 
joyeuse et agréable. Seulement ne me demandez pas ù propre- 
ment parler, un vers comme exemple, car ce n'est pas mon in- 
tention de vous en donner. Toutefois pour instruire celui qui 
veut acquérir la science de cet art, voici un exemple de l'union 
de l'Olaf avec thau ^). 






/)f lit Mrlritfur chez If m Stfrim» ^{| 

,Vous vous ivjuiii-Nf/. tliiiis !.• mal. vnu^ v..us i>i<'<..-.ini.-/. ilu 
phiisir, vous haïsse/ vos ci>iii|m)ri)oiis, iiinis In mort vous fora din- 
imniitre. Vous cherche/, on effet, le luonient où votro «««prit ont 
plein (le colore. vi>tre parole treinhhuite et mordante, auRKt vous 
ressemblez i\ un couteau trancliant". 

Voici conuneat ou proc^de, lorsqu'on veut uuir le Aomm à 
tOUtf. D'iiburd on rassemble les mots et ensuite on forme avec 
eux des idées, comme je l'ai fait moi-même danv !<■•; .x.mujiI.'s 
que j'ai donnés sur les vei-s *). (Voici les mots) . jji^o^ . )jjO»QiS 

v^)|j»I5/ (ft Vuici les vi-i: 

• UiOQ- ' ) wOujoo-3o 
^j ^01 vjtnviN )ioi |Laix>oJ? J^a«^ U-? U-U "^V )^-^)? 

a) JfccJV»; pout-ê-trc i;uiilrMit-il Jfc^^V ^" '> l )<i^. 

1) lôCa. 2> O Jfco/ ^Nin\. ;;> o jbc^W^ fco/ bo? 

a) jj-^OÛD >ÇOjXi. . 

Abhandl. d. DM(i. VII. 2. * 



/")() De 1(1 Mi'lrùfie chez les Si/i-iens. 

.W )•> Ul^ v^ii 

^Soi^ncuv, riche en miséricorde , ï-éponds à ton sei'viteur dans 
son an«jfoisse et délivre-le aujourd'hui, afin qu'il ne tombe pas dans 
la perdition. Il est sans doute bon que je le dise mais il est 
mieux que je le fasse, car il n'est pas convenable que je parle, 
si je n'en viens jamais à l'exécution". 

Nous pouvons encore employer le Jaud et VOlaf dans le 

discours, comme dans |^^ . \.^^ . \,,2im. , |A^ , P^^ , J-->^ ^), 
par exemple: 

• 1^1 |:oao ;>oia 

.jAjt ') J*2l\ jci\ JJ 
.j-OÔ) JjO) ^j ^/ 

.\W\ i-oi. -ûoi • 

• I^JL )Q^^ Ji^O 

.[^o^ o^ iopô jJo 

„Qu'elle est belle l'enfance ! Elle croît agi'éablement aux regards, 
surtout lorsqu'elle est pure. Le silence n'est pas une œuvre et 
i-ependant, quand il existe, une personne devient presque égale à 
Elie{?). Elle est belle la gazelle: elle aime le silence et les 
déserts et jamais la solitude ne lui nuit". 

Nous pouvons de même prendre tOlaf avec les autres lettres 
et le joindre à elles, de manière à fomier des vers réguliers. 



^CM ^Jjo {o 156 b) ..|^ j::^ .|Xi .^ajt .jA*. .p^ .^l. 



Dr ht Mrtrii/ue chez Us Syrinu. r,i 

8(!ult'ni»'nt nous ne voulons \\us prulon^er notre discount. iTv»l 
puuniuoi nous passons i\ d'autn's choso». 

11 nous r.iut parler du X,un. par ce (|Ue nouti le remontronii 
souvent à la tin il.-s vers. On Imiploio. ot «{uoiid il s'ukiI d'une 
seule pei-sonne. ot .lumid il s'iigit de plusieurs. Il figure A la tin 
de mots de mesure égale et se combine tr^s-bien avec beaucoup 
d'autres lottn-s . ,,„„„„. ,l.u,s res mots-ci: ^ço^^iâ^ . ,ûO>-ï3/. 
>$Op,3QA.. ^çopfc^ >ço»;a:s. Il est un auti- \,>u,i .|ui ti.nt lu 
place de la première persomie du pluriel, comme dans ces ex- 
pressions '): ^1» .^;^ÛD? .^^, .^.ZX^, .^., .^^/ .^^, 

• v'^^^ ■'' ^o "^^r^ ^o~ -^"-N^^ .^^Niï) .^A^ oolo 
♦^ o-ooi? .^;:û\ ^iYi\jL JJ;i -Tc^r^? l?oi cux>o '> -^^^^ 

*^)v^?0/ '") JOVZiJO .^^ 0\.1 i^O^ .^Ol. Av.r O/nf- ,\ 

Noun, un dit à la 3" personne du sin^'ulier ") .^JM-i^i^i 



1) fl)|jLZiJO .s9}\JJ ^'^o «ZiûQji <^rO l^V*.;» \lol/ "^ looi 

Lq\ .]li\>D ^ w-^JOjL JJ? ^1 )0-^ .ili^^ ImOQ^/ CH.\\ 

jlK^C ji.0l/ )a\0 . JJjOjl w^Qjl vOC»\o< ' JoCûjO 1 Vl\aY>0 
.>$CH-^â. .^OWi2>QM, .^ÇOpVZi/ . >^C».\YI.\ .JJOI ^/ .iUyîS^O 

4*^/ ^? i2>o.v2)i ^j \l'^/ f'' V ^çcHxiZ) . -M ry 157 rt :i. L lit 



r,2 Ih' Ja Afrlrif/iir. die:: Ich Syn'ens. 

„Mis(''ncorclieux est celui qui ju^e, puissant celui qui fait 
niist-riconlc , saint cnlui qui est aninin par le zèle, roi celui qui 
nourrit bien , compagnon celui qui s'attriste avec ceux qu'il aime, 
ami relui (|ui habite avec moi dans l'exil". 

On tn.uvt' il'iiutres vers finissant en /ond et en Xoun^). 

..^ji^b<jk>D )k<^ )jq:ûx> lioa-^ ^ 

*).^fc.^L_:o JV |iV-/ 

. ,^X:5|N>D li^|2uoJL rço^ j-*^ JA ,? oomJo 
.^^>*-lfcoo h^l\^^ vÇO)^ 1^ JcY>\ao? |>DO 

..^u*:d/ ]^)j|o j-^d/ ôp)© 

. ^^>£l^^ J^o|-s;^ÛD *"') f JJO) \>JlO 

^Beaucoup sont tourmentés par l'amour de l'argent et luttent 
vaillamment pour le conquérir. Une fois qu'ils l'ont acquis, ils 
se glorifient puissamment. D'autres, insensés qu'ils sont! s'enflam- 
ment d'ardeur pour la gloire, aussi, quand l'opprobre les atteint, 
ils s'attristent tout à fait. Mais, quand les éloges leur arrivent, 
ils se relèvent avec fierté. D'autres s'éprennent d'araoui' pour 
la science et, à force de persévérance, finissent par devenir ex- 
trêmement habiles et souverainement aimables. Mais que le sort 
vienne à les frapper, ils tombent dans la tristesse et, quand la 
fin suprême an-ive, tous sont égaux". 

4i O ^20h<M^ . ■>) O 1.07 i. (i) O omet tout ce qui est entre parenthèse. 



Df lit .\tétrii/ut rMes les .Syn>N« ^ 

Ainsi poumons -nous fonnor hitaucou]! d'an**--^ > - ••* 

avec le Xoitn, si nous voulions nous on donnor 1 
sons belles, fiicilos et hannunieusf.s. Nou.h ^ 
encore prendre des noms en //*? et en Knf. on cborchonl d'abord 
des mots finissant par ces lettres. Seulement il n'enl jaiimiii 
possible avec elles de parler de plusieurs per>onneM. J'en citt^nù 
tiuebjues exemples, mais d'une manière oratoire. Lo (ionutl et 
le Zaïn ne pouvant jamais fij^nirer ù la fin des mot», on no peut 
les placer qu'au conunencement des vers , de telle façon . iwr 
exemple, (jue le vers i-omraence par une lettre, s'appuie sur une 
seconde et finisse jiar une troisième. C'est là une combinaison 
difficile, mais admirable. Je vais employer d'abord le ($'omul ot 
le Né, de la façon tjue je viens de décrire*): 

^•^ p '" 1 ^. ----.« >o Î^M-^? .^ .^^o .01 .\^? lîï^^ 
vlû^ÎQ^i jjua^? ^/ sÇCH-Aa ^? ^ûd/ .^ Uo . Uil::^ 
001 ♦o 001 jooMO ^x:^vtY>l&o jûûi^Q^Ji ' ■ >$cxA-v^ . vxjUq^ 
.•,_X>jj i-Lj ^/ )ç>)0 s^\^ )o^Q^ ^? ^ûb/ •:•'' lov^Lo 

2) O omet le vers. 3) L 73 «. 

a) O omet le p.-vssage. L) O j >o\a>0 ? . n ^OM^'^^. '^^ '^ 

158 a. 



j^ Ihi la Afrti-i(/nc chez les Syriens. 

.opp KîDQ^ 

.CHÛDW3 JLOCi^ r*^°^ 

.o^xJZi, JI.Q»V-? Iv^K^^ 
.CHi^i Jcj^-J^o l-^ïQ.!^ 

oiLojuii ILpLISiD JJj *) l'^^ 

. cm1S:2>ji Y> jjuioLfcoD •'^) [Uj .-j^jlo- |.i^| 

vo^ .>,nO) ix>^jtj ^f?° '-""^ ^^ ^ 

, C'est un géant par sa force mais un petit homme par sa 
taille. Il m'a déroulé et manifesté son but, il m'a avoué et m'a 
montré sa fourberie. Il m'a excité, il m'a provoqué à le com- 
battre, mais c'était pour lui fournir occasion de révéler sa force. 



1) o^. 2) o jjcu^.. 3) o 0)pa^. 4) o w\ Lvîo^. 

5) O omet. 6) O 158 i. 



De la Mrtrtipie chez Us Syrtmê 55 

Il a voulu m'uhligitr à lut dire uut faibli*»»». J'ai clffaiUi r>i j'ai 
été vulé. .lo lui ui inontn* \n ^nuffro de »•>» dcfautJi. I) ntt 
puissant par sou nstucr. fourbe (?) jior m»» acte», fripon jwr 
sus inot'urs . outrccuidiuit par sa forci*. Ha main pst an» Hiturrr 
de uiul. son ventre un foyer de cupidité, ho volonté un !• 
friponnerie. 11 est sale et fliont»'' dan» son lanj^iiffe. Soi 
est basse et flétrie . son re^'i^'d impudent ut éKari' , 
honteuse et ignoble. Sa i)rofession est la débauche et I 
demeure l'exil et le vagabondage. Je suis obligé i\- 
car sa méchanceté est sims mesure; mon esj>rit proilame «|u*' »a 
pensée est inaccessible et ma langue afTinne cpie \r silmce vaudrait 
mieux pour lui". 

Nous avons façonné et réuni les exemples de» combinoi»nnH 
dont nous parlons, unicpiement pour montrer à ceux «jui l'ign' ■ 
comment on peut commencer et finir les vers par les m<^mes 1 • 
mais nous n'avons pas songé à mesurer les vers. Qu'on ni- iion«, 
blâme donc pas . puisque nous avons fait att**ntion aux lettre» 
par lesquelles il fallait finir et non à la mesure des élément». 

Voici la n'ponsf à la diatribe précédente. On y a fait figurer 
le Zdhi et le K<if^). 

.^l-^ );2))i -■) 001 ioj 
.^2:^1 U- -ai- ^ 



.-p. 2) O J^ 001 OOJ . :i) O ajoute l'^/ fcooio? ^O- 

o) O JJQ3 pour )oi:^. b) U ^CMO . O O omet D r/. O 



f)(j !)<■ lit Met ri que chez tes Syriens. 

...^^^ -ojo^V i-oj 

.yu^ ^OL ^Q^lo ^O)) 

v. ^n^a / wOoINJl/ >jlUJ? ') w\ OO) |jz>j 

«H est temps que je réponde à tes insultes, impudique qui 
t'es enorgueiUi en couvrant d'opprobre tes compagnons. Mets un 
frein à ta parole, misérable, et ne l'abandonne pas aux passions 
de ton cœur. Va donc, car ta langue a multipHé ton opprobre. 
Ma méchanceté n'est qu'une peccadille comparée à tes discours men- 
teurs; mes fautes ne sont rien en rapport avec les traits de ta 
langue. J'ai opposé le chant à la fumée de ta colère. Ta force 
est temporaire, tes lèvres sont retournées et la vérité t'abandonne 
ou te fait. Ton regard est menaçant et meurtrier, ta conversation 
est fétide et impure. H est temps que je rentre dans le silence 
et que je te laisse". 

Pour le Vau nous prendrons cet exemple «): 

.q:^ ^i>D ojXo 

„Le Seigneui' est venu se réduire à l'esclavage pour appeler 
ses serviteui-s à la Uberté. Rendons-lui donc gi-âce, nous aux- 
quels il a fait tant de bien". 



1) L >*s^. 'i) O .^O. X) /. loao. 4) O 159 a. 

5) O ^. 6; |iOO) ^^ÛÛJ ^J oo \v\. 7) O j;X> JV. 



J)f ta .^f^triifuf chez Ua Synrm 57 

Ainsi pouvons-nous encore foniior do n«>n\l)rfu>«s • oinhinaifoiui 
sur If IahiuhI, par exemple, avec ces niotji : > ^\vt / >\v^ ^ >\j<v^iy. 

^1)/, etc. Nous pouvons agir do mdmo, avec le /oi«/, lo Jiiih, lo Mim 

et les autres lettres, comme on peut lo voir par mon livre d« C IMinui. 
J'ai conipos»', en effet, vin^'^t-deux t'^pUros dont chacune n'appuie «ur 
une des lettres de l'Alphabet, au commencement et «^ In lin 
des vers. C'est pounjuoi il me semble superflu d'iyouler ici 
(|uel(iue chose. Cependant nous doimerons dos renscignemontA à 
celui ([ui voudra s'ajiproprier cette science. 

Pour le 11^-, nous citerons comme exemple le long Sfim'ro 
sutiriiiue que nous avons composé contre l'envieux, dan.s le livre 
de rili'Uras. Tous les vers n'ont ([u'uno seule mesure. 

Comme le Sriiih-nfh et le //cifh tifj^irent difficilement à la 
tin, nous allons citer »iuel(iufs i-as où on les trouve au commen- 
cement, par exemple, celui-ci '). 



pQjo . ]:3.>om l^ ISi^^? jLoL/ ,^ 1^ "^^ ^ou:d U ^^? 
vQ-vxjNxA J?oi jfco.*-^ /'-b^? ooi^ ^LOoC 1^2)/ )o-p .p:u 

^^vAjo . ^->>cY)tfco' IxsXojoi ^è-^? "^^^-^-^ - • r- 3^ 

d) omet ^Lil. e) O 159 ô. f) L 73/a g^ " , ^ J.-^ C ^'- 

h) O ^pioNûQ» . . ^0)Ao . 



OS Dr. la Métrique chez Icn Syriens. 

„Tu abondes en modestie, vieillard judicieux et sensé, source 
de consolation, espoir de ceux qui ont besoin de secours. Tu es 
un savant plein de sagesse et tu ressembles à une gi'appe d'où 
découlerait l'intelligence. Tu protèges contre le malheur, tu 
éloignes l'infortune, tu soutiens la faiblesse, tu chasses la maladie 
à l'instar du meilleur des remèdes, tu disposes de toutes les res- 
sources et tu peux accorder tous les secours^ 

Voici la réponse à ce compliment^): 



O omet fcj/. 2) JjOjJ ji^ioS . 3) O 160 a. 



De la M'trupie rhr: Us Synems f^ 

. ^cizi \i^sx> j:^-.^!-- 



.«A Jch\'^y> w.-»» ^o^ 

.>A '^.■»yo ..^^ ^L- 

.y^p -^-.^ U/ ^is^ 

.^^fc^/ INjlcudi ♦'N^'' '*^^ 

,Agréables me sont tes paroles, car ji- sais qu'elles viennent 
de l'amour. Je tonnais ma fiiiblesse et je n'ijçnore pas ma n 
Tu me loues par affection ; c'est poun|Uoi j'accept»» volnnti- • 
éloges. La force dont ta lan^e est pleine m'est ch^ro a • .u- 
de ton discernement. Ton amour. Seigneur, me confond; tu me 
regardes et tu me fortifies, car je m'enorgueillis de ta bienveil- 
lance, et je me réjouis de ta conversation. Tu es l'ami de la 
vérité. A Dieu ne plaise que je me sépare jamais de toiî' 

Nous pouvons encore placer, le St'mhith, In Ilrlth ot l^'s autres 
lettres qui ne s'emploient pas facilement à la tin. au commencfmpnt, 
non pas des vers, mais des mots par lesr|Upls se t«'rminent les 
vers, de manière à leur faire tenir ainsi cf>mme la place de la fin 
du vers ou du récit. Par exemple, en mettant à la fin les mots 
en Semkafh qui étaient au commencement nous disons ') : 

l2^ ^ ixil^ 



a) ^-^^> JJ. ^' " \QjO 001. 



C^i l>f la Mrlriijur chez les t^yriens. 

.Richo en inireté, judicieux comme un vieillard, tu soutiens 
le» frèrps et 1rs amis; tu es haï des impudiques et des méchants; tu 
pxt<'niiinps les ennemis, car tu es vaillant comme une épée et tu es 
utile comme un coursier. Tu biilles par ton intelligence comme 
un astre, tu es suave comme la vigne par tes fmits et tu pro- 
t^ffes romme un bouclier". 

Nous prendrons de même pour le Chin^): 

• bcAJL oifcoûOuo 
.J;^Qjt JJ;d ch2>o.v2) 



L\ao 



^iûaj bo OO JL \sAO UOO) . 3j O ^ 



l)f lu Mrtriijite chiz hs Si/nrn/i. (31 

ja.-jL Ibu- )yicx^..\o 
').jxJûJto i»» O);:::io*;io 

^Innocent pur son iiitciitioti, lnim|uillf pai- sa iiiiiiiit'ir de vivre, 
parfait par sa sagesse, sa conversation t\st toute paciHc|ue et sa 
personne toute pleine de beauté. Il est innocent de tout niul 
connue un enfant. Il résout les liens de toute amertume, repousse 
la vivacité de tout plaisir, chasse l'envie et ses méfaits, et, dans 
toute sa conduite, il plane aux cieux". 

Vous pouve/. si vous le voulez, retounier les mots, comme 
nous l'avons fuit pour le Sciiihif/i, de la fac^on suivante -) : 

,11 est vrai et jjur dans sou langage, innocent et tranquille 
dans sa volonté, partait dans son intention, éloigné de tout mal. 
Céleste et radieux comme le soleil, il est cependant simple et 
abordable dans sa conversation". 

Dans cet art nous recherchons encore les consomiances 
semblables, de façon à ce que dans une seule lettre soit renfermé 
en quelque sorte tout le vers, comme dans les mots des exemples 

qui précèdent 3): . |.aji:ûjt . |u>ûjt .j.o>à, . j>n\>o\jL .J^nXâ, )♦_*/ 
1) O ajoute ces doux vers: 

l*AJL>ÛJLO i-.Ol| OpDO-^n^O 
2) 1^/ ^Jj 3P ^^ ^f^?J ^/ Jo>_iû_JiA ^02>0) fco/ |25^ ^/ 
o contient seul ce qui est entre parenthèse. .3) JlO) |2.QJJ^o|^ w1 t-^"^ 

o) O IGlfl. b) O )OjiOj ^O)?- 



(^ /V /./ .St'hii/m ihr. Iiji Si/rini.i. 

CitoM pncoro c«i cxfiiiitli' '): 

. lA-A Ji^ûXo.- ooi JJ^ 

•:|jlL- s3/ !-♦-- jvii-o 

.Doucp pst In santé pour le faible, douce est la vie pleine de joies, 
donc Pst uno me à laquelle assistent tous les invités. L'orgueil 
«•.M cher aux onfants libres et la force qui tient toute chose est 
puissante. Puissant est encore un ami joyeux et miséricordieux". 

Citons (luebjuos exemples pour le Fé, puisqu'il n'en a pas 
••ti- |»arlé précédemment 3). 

• Ul2> v^^sNS» JOiSûDJ JX5Q2) 
• OCOQS) ^) j^fc<2>J jtO>\v^ 

. fc^i-is v^^ ^ia2> ^) jQ⻩ 
'i .b^Ul2> JJojjLj ImSh^ Jto\o, ^vja J'3i5 

''•UsfcoD JJo jtlsi k^;2) 



De lu .\f''trii/ne chez Itn Si/rifim. C)?) 

.,^_.oJ? y>N .Ji UjLia2)0 iv^ûS) 

V ^j Ia-JJ UÏ2> J?a2) 

,Une bouche d'où sortent de charmantes paroles est semblabh; 
à une tleur d'où s'exhale (un suave) paifum. Le docteur, dont la 
bouche, en s'ouvi'imt, laisse tomber ses sentences avec ordre, fait 
fjenner des fniits dans l'âme de ceux qui l'inteiTogent souvent et 
la science des sages est le fniit de sa parole. C'est un encens 
pur qu'une âme imiocente, un livre (jui demeure et qui ne change 
pas, La bouche, au contraire, qui publie l'eiTeur, est comme un 
pain sans valeur pour l'âme affamée. On peut le comparer, le bon 
docteur, à une table largement servie, qui procure le plaisir à 
celui qui possède le discernement et qui dilate le cœur de l'inno- 
cent. Les divisions et les séparations de ceux qui sont unis sont 
une faute utile pour celui qui est sage". 

Le T/uiu s'emploie, sous sa forme séparée, quand il s'agit 

d'une seule personne, comme dans ces exemples: fc<_j/ ♦ , . o> on 
lio/ V-o>2D, W O^JOL, fco/ )o.tYi.., lio/ JJx>. fco/ JJjL, ou bien 
dans l'advnrbo . comme dans liojiK*». fc<-.|jjr5 . l^jiDVl . N- -j ^/ 

n faut commencer par réunir les mots semblables et qui 
possèdent cette lettre, soit dans la première syllabe, soit dans la 
seconde, soit dans la troisième; et une fois que ces mots sont 
réunis, nous anivons facilement à faire de la poésie. Voilà com- 
ment on peut rassembler les lettres à la fin des vers ^). 

Jo) ^/ . Jfc\x> '^i.j ^op> 6/ . fco/ J[U. lia/ M» .h^/ )a.ûa- 

v^-.|jûû2)Q^ -M-^ -i^l^ -J^lj^vi M-»)^ W'^-:oj 



jjj Itr l„ MMvuiur ilifz les Sifriewt. 

./, oiizùwr: gucllos sont l.-s choses (|ui détruisent 

. ; 11 fftut «'•vitor et fuir Jiut;iiit ([ue possible, tous les 
;i..ul»lpnt IV'l/'giinro. 

, .„„t il faut .-vitcr de placer, iiu coiiimeuceraent ou à 

U fin'dw Tcni. do» mot.s ditr-'-rnits p:ir l.-ur prononciation quoique 
•ritibUblp» i»ar IViriture, comme l^\^ ot |A^", \j2)/ et |i)?; 
,ar. dan» cos mots, chaque lettre n'a pas la même* valeur que sa 
roin'mHindaiit<>. 

En second lit'U, il faut éviter de n'Uiiir des lettres qui s'arti- 

,u!.nt différemment, coninie dans |2)Opr>o\\^ , |2)0.-^, |2)|d , 

En troisii'-mo lifU vii-nneut les nu-sures trop ooui-tes et trop 

lon^Aies comme ^^nOA, |Sa\, )O.CY>^, ) > CY> .., l^'Ôl , J2QaQ2D. 

Il fitut donc prendre des mesures égales ou, à tout le moins, en 
c«,s dp nécessité, s'en tenir à ce que permet la loi. 

En quatrième lieu, il faut éviter de renverser les lettres 

finales, comme dans |«joOt , |juOOt , l'JA.V, Kjqjl , j^O^ , jj^Op. 

En cinquième lieu il ne faut pas revenir trop souvent sur la 
même lettre, comme en employant ]->,) et J^m 

En sixième lieu il faut voir si, une ou plusieurs lettres sem- 
Idables étant enlevées, il en est qui puissent s'haimoniser avec les 
autres et s'il en est qui ne le puissent pas, afin de ne pas enlever 
crlle qui est identique, tandis qu'on laisse celle qui ne l'est pas, 

• •'iiiiii' d.ins tes iniits '): ■.-'^>r» . |^*D2D l*^-*'*^ . )Q*2d1L , ) Or.T>' f 
^O . b-»*.po . i-îsAbo ^Jo . U-iliO ^/ . ^:O»J0 JJjQJO ^/ 

i in\o > ^ llol/ pxjo ♦iiijj ju/ .*,-:ia>oO.-voo/ )a-*JDj .Jjuj 

" oOi^l. In L 74 A c) O 162(7. d) O J0ÛO*Q^.a5jj . 

1 .IloN.ntnN ^o IJm ,^/ .^.X. / | . -, . on \, .. .jJooj-», 



l), la M.triijuf ,hez //x Si/rii'nfi. Cf) 

vJlQ^ JlQX> JlQ2> .|jLQiD 

Ku st'|itit''ini' lit'U , il faut i|Ut' la Icttif finale ne st)it pas 
♦Minemie de relli- «jui la pn-ci-de , foimiit' ci-la a lieu pour rolal" 

uni au Tsinh'. Li- Tsaih' est plus lourd: J pofc»^, jS., J^. j J. 

)^. JjO. 11 eu est <le niAnie il(>s autres lettres |û-.i) . iû-'A 

(_''•> derniers mots iA\ la Irltr.' est ii-doublée peuvent se 



•lool .)o.CYi.. .)o.on^ . isax jSutQjLi J.01 s^/ . |n>Vjo | q ox2>o 
Ujop .|i*XiJL .|-a:i.V / ' U-ooi .j^oc» ^/ . i>dî>.QjL Ld^? jLoL/ 

</) o 162 5. e) O }<J0Ol. /'« ^ IjuV2>. 9) ^ 1*-'*^ • 



Abhandl. d. DMG. VII. 2. 



,^, lu Ut Mi'tiiqiir ffirz h» Si/rinis. 

I»*,M«T lUrOlof. (Je toile sodo <|U0 rot Olai' csl .•oiisi<l.''iV' conunf 
nn hi.nnotir pour Ift Intiro .pii se mlouble. (-(.nmic r.lui de ^|j^ 

^b II». 11^. m^. ii^o»- 

Km huili.'-ni.' li<u. ii.-ur 1rs iiints «lui ii'diii, piis dn semblables, 
il faut lod .lonn.i coium." fXPinpb'S ou bifi) employer d'autres 
iu«l«, commo -"sA> l^ur si le mot ,:^^bOD crée des difficultés 

non» Inohon» «le disposer les mois de l.i faeoii suivante: j^*^ 
J^So llr> I ^'^ \ ''''^ '""ts il t';iii( <()iiipar(jr Jli^/, Ji-Q^ , 

En n<Mivitine lieu il taut voir le sujet dont il s'agit: si c'est 
un éloge, une diatribe ou un euseigiiemont. L'éloge et la diati'ibe 
romportont In e.ineordance des mots à la fin, tandis que l'enseigne- 
ment ne le eonipoi-te pas sans inconvénient. L'éloge lui-même 
conip«>rto. sur chacjue lettre, deux, trois, au plus, quatre vers, quand 
on vput que le discours soit hannonieux et mesuré. Si on va 
plus loin, toute douceur disparaît. 

En dixi^n1e lieu, examinons auparavant les mots et cherchons 
ensuite les idée.s, de manière à ne pas devenir lourds et som- 
nolents en voulant fomier un sens. Cela suffit pour la plupart 
de nos poésies, ear ce sont des sciences diiFéx'entes. Les vers, les 
mois et les syllabes font le sens , la poésie le développe et traite 
les noms et les verbes comme des serviteurs. 

Tiii composé des épîtres sur les noms et les verbes av'ïatJia ; 
j'y ai n-uni et rangé avec soin les lettres semblables et associables, 
afin que relui qui les parcoun-a puisse s'en servir comme d'un 
instninient placé en ses mains. 

. )^^:i. . l^.-»^io^ ^01 ^/ ]-^ ') ooj V^J?^ . ^ )Q^ ]? |JP/ 
• Ui^ . Lû^A -Lu-?) .|d-^j jL'ôLjJiio JAOoi .j^ .j .jj .J^ 
,^aa^î^^ \^ ^o, .UA^ .u:^ .1^,.^ .J2>o\ ^).|xu. 



De. 1(1 Mttriipie rhfz If* Sijrié-n». (37 

L\U« ^i .Uooi LLsiX o.Yi.vv>.\ ^;i ^xi^too| . ^ .fcoos ^oi 
UriûD;>o |.j:i.î^x> j!.Q\5ijL >..\y) oil-w<^;^ ^o . .^ri^îsJ. AziJOoX 
.j;-j -Jv— ^ .Jloo .J^_S/ .^oi ^Jo .J^to JJLx> UcYi>o 

^ïL .-IcyiXojoo ^? ^/ . -^-s-v JJzx-îs^ .JLI ^1 J].otO)\v> . j^cuo 

. IboûD vÇChA:». -^«-^ rf^° -JcHiciLit \\^ )OtûJ K.J-,-oov 

Jwoac5o i_2L^Qja::> ••«^} ^o» tvi 11 |Ldo cy>\, ^ JJj J j ^ -/ 
^) jLoL/ fcs CYi -S ^o b^JiL^ NjoÔo . Jlivio/ JIJdo Jo^ v> a \^ 



1) L lit: «^^fcOO «I^^O . 11 omet aussi ce qui est entre parenthèse. 
2) O 163 i. 3) L ,^\» 4) L _Lw«^Lfc<». 

6) O K^3D- 7) L 75 fl. 



^ 1 h- lit Afrtiitpic r/irz Irn Si/7neru(. 

A |i |M'll (1 ice. 

>^\^? )»J/ ILOJ'CHAXO . UA ,0:0 )QÛD1 Jloioi j^OSiZiO 

Uio | m "> tV A ou.»ûD -^? 1n^2.1 JJ ') .il\>QX3 ^0.0 

v^ ^,^ «xX ■:;^i ^)o .-oja^v^^ IJ6^ Q^cç, l^oa 
.I^^mX >^iJo 1;_ûd)o ^/ l^x) )Q\ Ixiit vojv» JJj )Qcoo 

-oiiiii Ilo^^iLo llX^ûio lo^il ') -.^iQjii) ^o) jûjtoS 00, 

*i.^im./ ^ ^/ ^21^ |jp 00 v)^2^a^ J!sii.ia::i JUv^i^^ ^o 
^co.a^o,\^ ^z, S .jLoil iJj I^JV |i\Y.>o:^ v^i)? JloV ^ 

^••Sû.c^ ^VL .:.^^Jo \oXio ^) .^A^ U/ ^ ij^^, 

i^v u^ ^^ .:.cH.o^^ ^ ô^, 1^, ^^ ^,^^^;^ 

-^'M'' «./.33a. 7 "^XJ^I^^. 8,0 omet 0\^. 



I),- In Mrtn.im- rhcz ^•* .S'v''-"-"- 0*J 

L.-3 Ij'»-/ Ijio o^oac\*Z)0 .Jl^l ^^oio l^i^Vjo J>Y)'.'» |ioc» 

.2iûDo/ Nj/ iz); ^|o ■:■] \ ^l^ ^/ )o^o \mXu» ^^c»o Jl^l 
^oi v^,\^v> w.^;_ûD JJ/ ^ilo oio j>x:i". ..-^c» \i^ jj) \s'^i 

)m ^O^ t Y> , .. -^ JJo . Jlb^V-^CDAÎL )]^-^0-il X>1 6^-X-Jj v^/ 

'♦nS ooi |.s^;ûd ooi ^j oQjQ^-. «'^ vjla2).jaj3 v^a\y vis 

iZ),!. ^ Nj|o v^Q--? j VI n/ -^^ ÔvJCÛjOO J1S-QJL20 JlOp> ..^ 
vfc^l^aS V\jL ^oj? JlolJJo ..)^1-|2) )OQJ0l ■') JfcwJLQiD ""^^J 

)-LiLj -CM o^'ijj/ lo\v>o .j^*>D*jo -O) l^croV J?oi *) -^ JO) 

j-.iQjoo .ncYii ^o vj.rc>..'> jjx) Jqjl JJ ♦aj jv-ojas oojj |-.6j 
.|jLjaû--o^o J-qXo jiiJJ jLj^^»o Qjt . Jv>\o>^o 



1) C> ^ X^iO. 2) 65a. 3) O jfco-QJÙa. 4) C^ 65 i. 

5) O omet Ôl\. 



70 



l>, 1,1 Mitiiiiiir rhe-: les Sijricm. 



\yv 



Diui» »on tniit/' sur les diverses parties du discours et dans 
»«!• .•clftin-isHcinents rédigés en langues diflférentes, (Jean?) de Mossouli) 
« |Mirli* do graves atteintes aux allures, à l'élégance et au génie 
du syriaque. Il a emprunté sa tenninologie aux Arabes dont le 
^>nii'' ost différent et il a Itâti sur des fondements hétérogènes 
n'uni» »aiiH niéth<»d»'. Abandonnant la division des anciens gram- 
mairien)*, il en a adopté luie nouvelle, sans montrer de disceniement 
rt n"a compté «pw trois parties, le nom, le verbe, la paiiicule. 
; • ' ; .pie son ignorance a fait du Syriaque une langue 

it pauvre. Il n'a donc rien compris aux parties du dis- 

, .: .. leurs divisions. Du reste, au moment où il composait 

iMin livre, il ne jiossédait pas suffisamment bien la langue syrienne. 
- La grammairp apprend à bien ordonner le discours et à se 
«iorvir de terme.s propres. Telle est la véritable signification de la 
grammaire , croyez-moi de préférence à ce grammairien , qui , in- 
cai>alilc do s'exprimer éléganunent, a eu recours à l'Arabe et s'est 
îiorvi d'un langage d'emprunt. 

Il faut adresser un reproche analogue a Bar-Isaaq (Ibn-Ischak)^) 
qui a divisé les lettres comme on le fait en Arabe, sans se douter 
qu'il commettait une gi'ande erreur en ne tenant pas compte de 
leur nature. Soyez donc Syrien avec les Spiens et conformez- 
vous aux principes et aux enseignements des Anciens, 

Quand au Filet d-es j'oinfs du Nisibite (Bar-Malcon) ^) méprisez 
sa IX)ésie, car il a faussé les mesures et altéré les intei-valles dans 
sa composition, parce qu'il n'a point compris ce qu'étaient le JJoO), 
le Jaj/ et la w.A*jQ2D dans les vers. Il a donc tout confondu 

dans ses poJ^mes. Son traité est écrit, en apparence, en vers de 
douze syllabes , mais , en réalité , il s'est affranchi de toutes les 
mesures et de l'ordre dans lequel elles se succèdent. Etudiez la 



tt (■"<*^t iiroli.'ililtmfiit ri'crivaiu dont les œuvres poétiques ont été publiées 

• KotTi" . il y n riiioIijiK s années, par Monseigneur Milos évcque d'Akra sous ce 

Utn> : jïSOI L0V»°>a.1 I^CO , Romae , typis sacrae Congregationis de 

Propaganda Jid'\ 1868. L'auteur de ces poésies vivait au XlIIe siècle, du 
t««Tnp» do .Iac(}ue!> de Mar Mathaï , ce qui explique un peu mieux le langage 
«nplo^r^ pw co dernier k son sujet. Les Chaldéo-Nestoriens font très-grand cas 
d«> ce Hrrc. Ccst un ouvrage important à étudier pour ceux qui s'occupent 
do U po«i»ip syriaque. 2) 11 s'.igit probablement ici de Honaïn ben Ischak 

• f 8"6i. crlrbro médicin et interprète du IXe siècle (Assémani, Bibl. Orient. 
in. p 1» |wgo 164). 3) Jacques do Mar Mathaï nomme plus bas Bar 
M«lran. qnc lo titre de l'ouvrage suffirait, du reste, à faire reconnaître. Cet 
MUw yi»»it Ml Xllle siècle, vers 1250. (Voir Assémani, Bibl. Orient. III, 
p I». p«i^ 295» 



Dr lu Mi'triiiitf chiz liK Si/rù'uM. 71 

composition de ma poésie, examina»/, ses mesures et vous arriverez 
;\ eonipn'udrt! sfs genres et ses varit-tés. Prenez, par exemple, 
(|uatre fuis luu' syllabe à trois reprises ditiV-rt'ritfS et vous obtiendrez 
la tonne vi-ritable df ce vei-s, (pli adnu't encore quatre autres 
tonnes. Pourvu (jue vous divisiez bien, vous obtiendrez un excellent 
résultat, soit en prenant (juatre, puis cinq, puis trois, que vous 
placez au commencenjent , au milieu et à la tin. Voilà quelles 
sont les espaces de ce >îenre de vers. Prenez cinq, puis (|uatre, 
puis trois, ou rire rersâ et vous aurez une nouvelle tonne. Mo- 
ilitiez le genre et placez au commencement quatre syllabes, puis 
trois, puis cinq pour finir, et, si vous désirez enfin une dernière 
variété, prenez deux fois cinq syllabes et puis deux ; mais les inter- 
valles (entre deux et cin(|) sont trop considérables. 

Telles sont les diverses espèces de vers de douze syllabes et 
IJar Malcon n'en a adopté aucune. Mar Jacques de Sanig est le 
premier qui s'est sem de ce mètre, en obsei*vant les règles que 
nous avons tracées. Quand vous voudrez bien composer vos vers, 
laites bien attention aux aviufha, comme doit le faire tout versi- 
ficateur ; gardez aussi les lois relatives aux mots et lisez avec soin 
mon premier traité des dialogues. 

Ici finit mon premier traité auqiiel je vais, avec l'aide de Dieu, 
en ajouter un second sur la logique, pour développer tout ce qui 
touche II la grammaire. Quant à toi, lecteur, continue sans trouble 
et accorde un pieux souvenir au misérable Jacques Sévère , de 
l'ordre des Evêques, malgi-é son indignité. Et tous ensemble, 
disons au commencement et à la fin : Gloire et adoration au Père, 
au Fils et au Saint-Esprit! ') 



1) n ost Ji peino besoin de remarquer que V Appendice est écrit en vers 
rimes de douze syllabes. 



Iniprinicrip de G Kreysing à Leipzig. 



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LaSyr Maxtin, M. 

M38l5ci Métrique chez les Syriens 



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